FTY… #2

D’entrée de jeu, j’annonce que je ne serai pas au Salon du livre de Québec. Ma ville.  Mes lecteurs. Mes amis. Ma famille. Désolée. Comme dirait le personnage de Valmont, délicieusement interprété par Malcom M., It’s beyond my control…

FTY, comme tout le monde le sait, maintenant, c’est pour Ferme Ta Yeule. Yep. Il semble que ce soit la règle, dans bien des domaines. Y’a un os? FTY! Les conditions de travail sont poches? FTY! On te raconte des histoires qui ne tiennent pas la route? FTY! On t’offre mers et mondes pour finalement accoucher d’un embryon de souris? FTY, câlisse!

Nous vivons dans un monde bien lisse. On s’énerve le poil des jambes à propos de la politique, des désastres, des mensonges de nos gouvernants… Mais c’est seulement du poil de jambe, z’amis. Ça ne nous engage en rien. En autant que ça ne nous touche pas de trop près, que ça ne vienne pas jouer sur notre chèque de paye, nos acquis, notre train-de-vie, notre confort… 99% de temps, on FSY. Parce que fermer sa yeule nous permettra de décrocher le prochain contrat, obtenir la prochaine pige, publier le prochain roman.

Allumons en choeur le barbecue de tournedos. Badigeonnons la chose bien épais.

Combien de témoignages d’auteurs frustrés du sort qui leur était réservé ai-je recueilli? Plein.  Combien se sont prononcé sur la chose? Heu… zéro! Normal. Tout le monde veut continuer à publier. Alors les magouilles de relations de presse, les promesses de paradis qui tournent au vinaigre et tutti quanti… ben, FTY! J’admire (presque) ces personnes. Elles ont un sens de la survie, in the jungle, que moi je n’ai pas.  Je ne suis pas super bonne dans l’art du camouflage. Je suis plutôt du genre in your face.

Alors, quand on m’a offert des lancements grandioses à Québec et Montréal, des 5 à 7 conférence, des concours pour amener mes lecteurs à Montréal toutes dépenses payées, des promotions dans le Sud, des pochettes exclusives, des affichettes dans les librairies, des enveloppes d’envoi identifiées à mes romans… ben, j’ai dit oui (une folle dans une poche, comme dirait ma grand-mère). Et le jour où je me suis rendu compte que tout ça n’était que de la poudre aux yeux… ben… je me suis fâchée un tit-peu.

Et comme, en plus, j’avais monté un plan de communication pour les réseaux sociaux (accepté et validé par la Firme), offert une formation sur le bras, avec en poche une promesse d’être gestionnaire de réseau (promesse non tenue because chu pas toujours fine), j’ai eu un peu la nausée, genre.

Alors non, je ne serais pas au Salon du livre de Québec. Mais qui sait si je ne tiendrai pas mon auto-stand de signature, quelque part, juste pour vous jaser un peu, copains-copines ? :-) ))

MAJ

Lorsque je parle d’auteurs qui se taisent, sachez que je parle en général et que je connais plus d’auteurs hors ma maison d’édition que dedans… Juste comme ça :-)

Je n’aime pas le mois de Mars

Salut, toi, là-haut…

C’est un soir comme ça… Tu sais, un de ces soirs où je te parle de lui. Ton fils. Ton « garçonnet »…

Et bien ton poussin n’est plus un bébé. C’est une amorce d’homme magnifique, beau, intense, absolument délicieux. Sensible, drôle, complexe… un parfait mélange de toi et moi.

Longtemps, il a vécu ton absence involontaire sans trop s’en faire. Après tout, il n’a aucun souvenir conscient de toi… Il n’avait que 8 mois quand le turquoise de tes yeux s’est éteint sur une route de Kamouraska, en mars 1996. N’empêche qu’il a hurlé de tout son petit corps ce matin-là, avant même que l’on sache. Peut-être sentait-il ton adieu?

Je radote. Si tu étais là, tu me dirais « Nat, come on, brown eyed girl, qu’est-ce qui se passe? »

Il se passe que notre homme est triste. Ce sourire ravageur qui fait fondre le coeur des jeunes filles se teinte d’une ombre que je n’aime pas.

Tu lui manques. De manière intangible. Toi, son père. Cet image qu’il porte en lui depuis toujours se réveille, à l’aube de sa vie d’homme. Floue et très vive à la fois. Ton visage figé dans cette éternelle jeunesse de tes 28 ans le hante. Et moi, qui le berce, l’aime, le chicane, l’accompagne, lui prends la main, le réprimande, le félicite, l’aime plus que ma propre vie, je me sens démunie, sans réponse, sans solution.

Des dizaines de fois j’ai souhaité que tu sois là. Lorsque le pédiatre m’a dit qu’il devrait se faire opérer, idéalement, pour mieux respirer. Lorsque son éducatrice de CPE m’a dit qu’il croyait pouvoir voler et qu’il s’était lancé dans les escaliers, sourire aux lèvres. Et toutes les fois où j’ai été si fière de lui que mon coeur voulait exploser. Et, bien sûr, toutes ces occasions où j’ai dû prendre une décision, sans toi, pour lui. Avec, toujours, la peur au ventre de ne pas être à la hauteur.

Mais tu sais, je fais ce que je peux.

Tu lui manques. Et je n’ai pas les clés pour comprendre.

Pis tsé, je ne veux pas trop te déranger. Tu dois te faire un méchant party avec la gang. Genre, course de « chars » avec Ayrton et Gilles, jam session avec Jimmy H. et game de pool avec… je ne sais pas trop :-)

Je sais que je suis la plus chanceuse. Je vis avec lui. Tu ne sais pas ce que tu manques!


Alors, je te laisse sur mes angoisses de maman. Je l’aime plus que moi. Et je sais que, dès que tu as su qu’il existait, ce fut la même chose pour toi. Je me souviens de ton bonheur :-)

Si tu as deux minutes, de là-haut, aide-moi, svp. En presque 15 ans, je ne t’ai pas trop dérangé, hein?

Et là, ben, je manque un brin de souffle…

xxx

Audi alteram partem

Je me méfie de tout ce qui s’approche de la pointe extrême d’une idée, peu importe le sujet. Politique, religion, écologie, alimentation, name it, les ayatollah de la pensée unique me font peur. L’intolérance est presque toujours tapie, plus ou moins discrètement, dans un recoin de leurs discours. Je les fuis. Comme les personnes qui ont les dents trop blanches d’ailleurs. Mais ça, c’est une autre histoire…

Alors quand j’entends Bernard Drainville, député péquiste dans Marie-Victorin, dire que François Legault « a abandonné le Québec et les Québécois », je sursaute, tends l’oreille et me dis… ciboire! Le plan de Legault ne révolutionne rien. Il est frileux, faussement positif et aveugle d’une grande part de la réalité économique du Québec. Mais peut-on s’entendre sur le fait que de proposer quelque chose, c’est pas mal mieux que de s’asseoir bien confortablement dans son El-Ran, se « canter » et chialer? 

 Je ne ferai jamais de politique. Pas envie d’être un « punching bag ». Mais, jusqu’à preuve de l’odieux, je respecte ceux qui décide de mettre de côté leurs vies personnelles pour aller défendre une idée. C’est si facile de juger de l’extérieur. JAMAIS je n’aurais la patience, l’endurance de serrer autant de mains, manger autant de spaghetti, virer des crêpes, porter un bonnet, couper un ruban, sourire pour le kodak en embrassant un bébé dont la couche est « due » depuis quelques heures… Nenon.

Et surtout, je suis une indécrottable partisane du débat. J’aime le choc des idées, le clash des flashs. L’évolution réside dans l’échange, parfois sportif, des idées. Nous avons le loisir d’échanger ici. Nous tenons la chose pour acquis. J’observe la mouvance des pays, je regarde, émue, ces femmes et ces hommes descendre dans la rue pour devenir libres. Heille! Qui va se décoller de son El-Ran pour passer 23 jours dans la rue?

Je m’éparpille… Mais je veux vivre dans un pays où AUCUN parti n’a le monopole du drapeau. Crois ou meurs, JAMAIS. 

J’étais là, au Colisée, en 1995. Avec un bébé de 3 mois. Un « revival » de l’image du référendum de 1980. Je pleurais, mon drapeau du Québec enroulé dans le cou, sous les envolées « raciniennes » d’une Marie-Thérèse Fortin qui se donnait comme seule une grande tragédienne peut le faire.

J’ai milité. Donner des sous. Fais du bénévolat.

Mais jamais je n’ai accepté de museler qui que ce soit. Être québécois, c’est d’abord vivre au Québec. Et ce n’est pas en accusant tout ce qui bouge autrement d’être un traître à la patrie que les choses évolueront.

Le parti québécois est, toujours, encore, son pire ennemi…

Egypte, mon amour

Mon rapport à ce pays relève de l’intime. Un long dialogue d’amour qui dure depuis ma tendre enfance. Des heures et des heures consacrées à apprivoiser sa culture, à apprendre par coeur l’horaire d’ouverture des musées, à contacter des familles pour m’accueillir, à essayer de suivre et comprendre sa mouvance.

Alors que les copines dévalisaient les boutiques, je plongeais mon nez, avec un ravissement jusqu’à ce jour inégalé, dans l’histoire de ce pays que j’avais choisi comme deuxième patrie.

Alors ce soir, je ne dirai que ceci: Paix à toi, Égypte…

سلام لك ، الترجمة 

Sous la toge 2 chez Québec Loisirs

Un des grands plaisirs d’être publiée chez Québec Loisirs – outre le fait de rejoindre une clientèle fidélisée – c’est de découvrir une nouvelle interprétation de la page couverture. Alors voici SLT 2, version Québec Loisirs… Drôle à quel point Biquet-le-chien-laid est différent!

Et, entre vous, moi et la boîte à pain, ça va drôlement bien, côté « suite des choses ».

Lâcher prise… C’est la plupart du temps la meilleure option ;-)

Je replonge dans mes recettes… Car oui, je gagne très agréablement ma vie ainsi, maintenant… On s’en reparle!

 xxx

Nat

Merveilleuse Katherine

Ceux qui me connaissent un brin savent à quel point je l’aime d’amour, cette écrivaine. Un coup de foudre né de la lecture de son premier roman, Moi d’abord, il y a des lunes. Jamais personne ne m’avait « parlé » autant. Mais bon, si vous me suivez un peu, vous savez. Je l’ai déjà raconté.

Pendant qu’elle écrivait le tome 3 de sa trilogie, j’écrivais le 2 ème de la mienne. Et parfois, nous échangions. Elle, dans sa maison en Normandie. Moi, dans ma cabane au Canada.

Je ne lui avait pas écrit depuis plusieurs mois. Et puis, en ce début de 2011, une envie de lui parler. Je garde la majorité du contenu pour moi. Pudeur.

Mais je vous offre cette phrase de elle à moi. Cette phrase qui résume toute la beauté et la profonde sensibilité de cette belle blonde que j’adore… (une autre!)

J’aime cette idée que nous formons une chaîne d’amitié et d’amour sans le savoir et qu’on se tient par la main et qu’on ne se lâche pas…

Je t’embrasse, Katherine. Merci pour tout.

Caroline vs Marie-Pierre

Caroline se repose. Elle l’a bien mérité. Elle somnole, à mes côtés. Je n’ose pas la réveiller.

Je pensais pouvoir me fondre à son rythme. Après tout, j’en ai plein les bras: un nouveau boulot qui me comble, qui me fait friser les doigts et la tête de plaisir… mais qui prend 40 heures/semaine de mon temps. Et les enfants, qui, à chaque coin de fin de semaine, me surprennent. Ils changent tellement vite! Je les aime, les nourris, les surveille, les « texte », prends en note leur adresse de courriel, les perds un brin sur Facebook, soupire, accepte… et continue ma vie.

Mais pendant que Caro fait son dodo, Marie-Pierre s’installe, creuse sa niche, me lance des trucs par la tête et fait sa fraîche. Elle dit « J’étais là avant, tu le sais bien. Je vis en toi depuis 1985.  Allume, cocotte, et prend ta plume! »

J’hésite. L’endroit où Marie-Pierre veut m’entraîner est glauque, sanglant. Elle n’est, somme toute, qu’un fait divers. Mais elle ne me lâche plus, depuis des semaines…

Alors…

Je plonge, of course...

Je suis…

Une femme. Une enfant. Une fiancée. Une mère. Une amante. Une auteure. Une comédienne frustrée. Une Drama Queen. Une épine dans le pied. Une bitch. Une panseuse de plaie. Une psychologue de mes deux. Une femme de coeur. Une emmerdeuse. Une visionnaire. Une conne finie. Une amie. Une rétrograde. Une ennemie. La fille de mon père. L’image de ma mère. La maîtresse de mon chien. Une soeur. Une cuisinière. Une folle. Une ménagère. Une diva. Une femme de ménage. Une pensée. Un soupir. La madame de chez Wal-Mart. Un fantasme.

Je suis.

Ce que vous pensez que je suis. Et tout le contraire. Puis, juste entre les deux.

Mais, je suis. Là.

Bashung

Oui, lui, qui m’a dit Osez Joséphine (l’ai toujours pris perso, ça). Puis l’Imprudence, un coup de poing au coeur. Et il remet ça, avec le Cantique des cantiques avec sa douce Chloé Mons. Et tout le reste. Vous connaissez.

Donc, je me dois d’expliquer pourquoi, lorsque je suis tomber en amour, hier soir, j’ai baptisé l’élu Bashung. C’est un hommage. Parce que ces quelques kilos de poils et d’amour inconditionnel me font l’effet d’une bombe nucléaire. Comme Alain, même s’il n’est plus là. J’espère qu’il me pardonnera d’avoir baptisé mon toutou en son honneur.

J’écrirai, désormais, avec Bashung sur mes genoux. Et c’est fou, mais je pense qu’il aimerait :-) )

Vertige de l’amour!

 

Pourquoi je pense à Tony Conte?

Ben oui, hein, pourquoi? Une nostalgie subite d’Omertà? Une envie foudroyante de pâtes de chez Mikes?

Heu…non.

Début septembre, j’ai vu Tony aux nouvelles, à l’ouverture du terme des procès aux assises, à Montréal (exercice au cours duquel on fixe les dates des procès devant jury). Je savais dans quel pétrin il s’est présumément fourré, en 2008. J’avais un peu oublié. Un fait divers parmi tant d’autres.

Mais, quand même.

Flashback, décembre 1995. Le lieu: un plateau de tournage, dans le Vieux-Québec. Le film: Le Polygraphe, de Robert Lepage. Je suis figurante, perdue dans une foule qui assiste à une pièce de théâtre. L’assistant de Lepage me repère, vient me chercher, et me propose un « rôle muet ». Je serai donc « une groupie qui attend un comédien à la sortie de la pièce », Tony Conte, lui-même 3ème rôle muet. Je connaissais le mec pour l’avoir remarqué à sa sortie du Conservatoire, en 1993, pour ensuite le voir évoluer, avec talent, sur diverses scènes.

Ce soir-là, il m’a raconté que là, ça venait de « décoller » pour lui, à Montréal. Il avait décroché un rôle important dans une série qui, selon lui, allait sûrement cartonner et faire de lui une valeur sûre. Omertà. Il y jouait Vincenzo Spadollini, un capo de la mafia. Un tournage de cinéma, c’est long. J’ai donc passé la nuit à jaser avec lui. Je ne vous dirai pas à quel point il fût le parfait gentlemen qui s’assurait que je n’aie ni froid au pieds, ni soif, ni faim. Là n’est pas le point…

Cette nuit-là, j’ai vu dans ses yeux ce désir brûlant de « réussir ». Pas pour ses beaux yeux. Pas pour ce que la gloire peut procurer. Juste pour le plaisir de savoir que son talent serait reconnu. Qu’il travaillait fort, et que ça payerait.

Et ce fût payant. Pour un temps. Omertà, Virginie, Urgence… Et peu à peu, l’oubli. Les contrats rentrent moins et sont moins intéressants. Un casting trop précis. Et autre chose, sûrement.

Oui, je sais qu’il a tablé sur sa notoriété rapide et flambé beaucoup. Mais peut-on rêver, parfois, sans se faire mettre une claque au visage?

Peut-être a-t-il écouté quelqu’un qui lui disait à l’oreille que, voilà, c’était gagné. Qu’il pourrait vivre, et bien vivre de son talent. Peut-être a-t-il cru en cette fable? On lui a sûrement dit qu’il était merveilleux, unique et spécial.  Et comme artiste, il a pris ça pour du « cash ». Le miroir aux alouettes… pouette, pouette, pouette.

Le refrain n’a pas suivi. Il s’est retrouvé chez sa mère avec ses sacs verts. La honte. Il a décidé de tenter un truc franchement moche, histoire de se remettre à flot. Était-ce la première fois? On verra. Je suis convaincue qu’il n’avait pas décidé d’en faire une carrière. Trop de feu dans ses yeux quand il parlait de son art.

Ben oui, il aurait pu opter pour le B.S. Il n’a pas voulu. Je peux comprendre. Je suis soulagée pour lui. Il n’a pas d’enfants. Sa mère est décédée, la peine au coeur, c’est certain. Elle était si fière. Je me souviens quand il a joué avec Gilles Pelletier, au Trident. On s’était revus à ce moment-là. Tellement ému. Sa maman faisait le ménage au Théâtre Denise-Pelletier, quand il était gosse. Vous imaginez?

On peut péter une coche, parfois. Et payer chèrement. Je comprends. Trop, ce soir. 

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