Archive mensuelle de mai 2012

Bon, Jean… Parlons-nous.

Ah! Mon Johnny Boy… On a beau n’avoir jamais jasé ensemble, comment se fait-il que j’ai l’impression de vous connaître comme si je vous avais tricoté?

Peut-être que les nombreux billets que je vous ai adressés perso me donnent l’impression qu’on entretient un genre de dialogue de sourds?

Peut-être parce que je sais que vous savez que j’ai déposé la pétition qui vous a emmerdé alors que vous étiez à Paris et qu’on vous a relancé sur le sujet?

Jean, j’ai quasiment l’impression que vous allez débarquer sur mon patio afin de concocter votre célèbre carré d’agneau. Quitte à me le pitcher dans le front.

Je voulais juste vous dire, ce soir, Jean, que….

- Sans les magouilles évidentes en matière d’octroi de contrats, il y aurait moins de gens dans la rue.

- Sans le mépris évident que vous avez pour les moins de trente ans, il y aurait moins de gens dans la rue.

- Sans vos ricanements puérils à l’assemblée nationale, il y aurait moins de gens dans la rue.

- Sans votre refus d’assumer votre rôle de chef d’État, il y aurait moins de monde dans la rue.

- Sans votre obstination à vous cacher derrière vos ministres, il y aurait moins de monde dans la rue.

- Sans vos tentatives de cacher ce qui saute aux yeux de tous – un gouvernement fatigué et infiltré -, il y aurait moins de monde dans la rue.

Et j’en passe. Vous le savez mieux que moi.

L’ultime spasme qu’est la Loi 78, conjugué aux révélations à venir de la Commission Charbonneau, vous donneront, à jamais, l’image d’un pleutre.

Ça ne vous tente pas, Jean, de faire ce qu’il faut, là? Il est tard, j’en conviens. Mais vous pouvez encore vous en sortir avec un minimum de décence.

À vous de jouer, Johnny Boy.

Ben oui, ils feront preuve de discernement…

Il faisait beau hier soir, sur Québec comme ailleurs dans notre beau pays sous Loi 78.

Ma soeur et son conjoint reviennent d’un spectacle de danse auquel participaient deux charmantes cocottes de la famille. Ils vivent dans Saint-Jean-Baptiste et voyagent en autobus. Ils débarquent sur la rue Saint-Jean. Beauf a toujours son appareil photo au cou. Ils marchent un peu, aperçoivent un petit rassemblement devant le bar Le Sacrilège. En s’approchant, ma soeur reconnaît deux copains à travers la trentaine de personnes qui sont encerclées par de nombreux policiers. En fait, ils étaient 37 qui marchaient en file, sur le trottoir, calmement, n’empêchant en rien la circulation, ne cassant rien… mais arborant le carré rouge.

Ma soeur s’approche calmement de l’attroupement et demande, poliment, à un policier:

 »Qu’est-ce qui se passe? »

 »Madame, retournez sur le trottoir d’en face… »

 »Est-ce qu’il y a manifestation illégale? Je voudrais aller parler à deux de mes amis qui sont là… »

 »Madame, circulez! »

Elle tente de s’approcher pour parler avec ses amis. Le policier la prend par le bras et la tire vers lui.

 »Heille, t’as quel âge pour vouloir aller parler à tes amis? »

Heu… Elle dit au policier de ne pas la toucher. Elle tente de se dégager mais le policier la tire plus fort et lui tord le bras. Plus elle tente de se dégager, plus il lui fait mal. Beauf essaie de la rejoindre mais se fait pousser par un autre policier qui lui dit:

 »Avec la caméra que t’as dans le cou, tu pourrais les payer tes frais de scolarité! » Mon beauf a 48 ans. Deux baccs et une maîtrise.

Devant la résistance de ma  »dangereuse » soeur de 5 pieds 3 pouces montée sur un frame de chat, un 2e policier vient en aide à son compagnon de travail. Ils menottent ma soeur, l’embarquent dans leur voiture, saississent son sac à main et fouillent dedans. Le beauf s’élance pour la rejoindre et se fait plaquer sur la voiture.

Je ne vous cacherai pas que, rendus là, ma soeur et le beauf les ont traités d’imbéciles et de morons. Ma soeur a également eu droit à une  »Vous autres pis vos mardes du PQ » bien senti.

D’autres policiers sont venus et ont demandé à ce que ma soeur et mon beauf soient libérés. Faut comprendre qu’il y avait l’escoude vidage de bar sur place. Ce ne sont pas les plus glorieux et subtiles représentants de la force policière à Québec, mettons… Mais comme la ministre Courchesne l’a suavement répété des centaines de fois:  »Nous allons nous fier au bon jugement des forces de l’ordre… »

500$ d’amende chacun pour avoir empêché la circulation… Mais.. heu… ce ne sont pas les gens sur place qui ont empêché la circulation. Ce sont les policiers qui l’ont arrêtée!!! Rien d’illégal. Pas de casse. Pas de projectiles lancés aux policiers. À la limite, quelques quolibets bien sentis. C’est tout. Le cas de ma soeur, d’abord arrêté illégalement pour entrave au travail des policiers (pas de lecture des droits etc.) est un cas qui les a particulièrement embêté, au poste. Savaient pas trop quoi lui dire.

Câlisse.

Ne sortez plus de chez-vous, vous pouvez être arrêté n’importe quand. Bien hâte de voir ce qu’ils feront lors de la tenue du Festival d’été, alors que les rues de Québec sont bondées et que les trottoirs débordent. Car oui, les tizamis, il y aura des carrés rouges qui accompagneront les macarons du FEQ.

Ceci n’est qu’une histoire parmi des centaines d’autres qui briseront le Québec dans une tentative de le mettre à genoux.

Ce que je comprends

Cette loi est inique. Pas besoin d’en faire la démonstration. Elle est, prima facie, contraire aux droits fondamentaux qui nous régissent.

Mais outre cette question, je comprends un truc de base. Perso.

Finalement, je ne me présenterai pas comme candidate à une éventuelle élection. Car sous les exclamations de colère des politiciens, je sens, toujours, l’intérêt politique partisan. Jamais je ne jouerai cette « game ». J’en serais incapable. Au pouvoir ou à l’opposition. 

Ma mère pourrait vous le dire. J’ai le compromis faisable mais difficile. Et surtout, je suis fière, droite et intègre.

Alors, engagez-moi comme chroniqueure (mais où car on s’entend que je ne fitte nulle part). Mais oubliez-moi comme politicienne. Ce système me tue. Et je ne crois pas être en mesure de participer à son changement de mon vivant. 

Je vais continuer de me faire aller le clapet.

Mais je ne crois plus en notre système parlementaire.

Le grand fossoyeur

Monsieur Charest,

Je m’adresse à vous, directement, une fois de plus. Et pourquoi pas? Je suis une citoyenne de ce pays que vous menez vers le chaos. Alors la petite gêne, je me la garderai pour une autre fois.

Je vous ramène un brin en arrière. Lorsque j’ai déposé la pétition demandant la tenue d’une Commission d’enquête sur la corruption, vous avez répondu (from Paris with love, je me souviens), que nenon, ce n’était pas nécessaire. Et vos valeureux soldats vous ont défendu.

J’étais sur place, lors de la conférence de presse, entre intimes, qui annonçait la tenue de la désormais célèbre « patente à gosse ». Le lendemain, je dénonçais, sur les ondes de RDI, votre incroyable tendance à faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais vos soldats vous défendaient, quitte à passer pour d’incroyables imbéciles quand, quelques heures plus tard, vous annonciez le contraire de ce qu’ils venaient de défendre.

Et ils sont encore là… Les Fournier, Courchesne, etc… Ils continuent de soutenir vos basses oeuvres, sourires plein de dents à l’avenant. Je ne sais pas quelle emprise, sinon le poste et le cash, vous avez sur eux. Je suis fascinée.

Vous êtes un pleutre, monsieur Charest. Vous êtes un chef d’État qui n’a pas eu la décence de regarder, ne serait-ce qu’une fois, la jeunesse du Québec dans les yeux. Vous êtes un pyromane. 

L’histoire retiendra que vous avez ce PM qui a envoyé ses ministres se ridiculiser et se compromettre. Et qui a regardé, sans frémir, des citoyens se faire: fourrer, battre, avoir. Bra-vo. Belle héritage, Monsieur.

De l’impossibilité d’expliquer

J’ai beaucoup de difficulté à expliquer à ma fille de 8 ans ce qui se passe dans notre beau pays. Parfois, elle est en pédago. Comme sa maman écoute la période de questions de l’Assemblée Nationale, elle jette un oeil mi-distrait, mi-perplexe.

- Maman, pourquoi tout le monde parle en même temps? Et pourquoi ils se parlent dans l’oreille en riant?

- Chouette, comment t’expliquer…. C’est comme dans un cirque. Le monsieur en chef dit un truc avec un sourire en coin. La madame en chef répond en parlant fort. Le monsieur en chef fait des pets de dessous de bras et toute sa gang de chimpanzés fait pareil. Et, la madame en chef fait une grimace. Et toute sa gang de chimpanzés font pareil.

- C’est niaiseux, non? Quand on fait ça à l’école, notre prof nous donne un avertissement!

- Je sais.

- Et toi, tu me dis « Alexandra, fais attention, on ne peut pas dire n’importe quoi n’importe quand ».

-Je sais.

-Ben alors, pourquoi eux ils disent n’importe quoi?

- Parce qu’ils sont élus.

- Hein?

- Ma puce, je voudrais t’expliquer mais je préfère franchement aller jouer aux dinosaures avec toi, ok?

- Mais j’aimerais ça comprendre!

- Nenon. À go on se refait l’explosion de l’astéroïde. Ça va exploser de partout. SVP, j’ai besoin d’une pause, cocotte. 




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