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Archive mensuelle de novembre 2011

Marjorie, Jamey, Jamie et les autres

Pour ce soir, les mots, pour moi, sont de trop. Une pensée pour eux. Mon site, en berne.

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Marjorie

Marjorie, Jamey, Jamie et les autres Marjorie1

 

Jamey

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Jamie

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Le dernier vrai Noël de Princesse Ping

Elle aura 8 ans le 7 décembre. C’était hier, non, les contractions, la course à l’hôpital et Elle, si pressée de sortir, contrairement à son grand-frère qui m’a niaisé pendant 24 heures?

C’était hier. Au pire, avant-hier. Pourtant, ce soir, en la regardant accrocher les décos dans l’arbre de Noël, je sais très bien que c’est le dernier Noël où elle attendra le Gros Bonhomme. Dernière fois qu’elle préparera les biscuits et le lait pour lui. Placera les carottes et le bol d’eau pour les rennes, dehors. Lorsque nous avons posté la lettre au Père Noël, j’ai tenu sa main, ai regardé ses yeux gris-verts, allumés, pleins de joie et d’espoir, et me suis sentie toute chose.

Dur d’arrêter de croire au Père Noël. Surtout quand, comme ma fille et moi, on est certaines, mais alors là absolument convaincues, d’avoir vu le Bonhomme s’envoler dans son traîneau, un certain 24 décembre. Alors les copines ont beau dire que ce sont les parents qui achètent les cadeaux, ben heu, non, nous ON SAIT.

Alors, ma belle Alexandra, c’est en ton honneur que le sapin se monte si tôt, cette année. Pour toi. Et pour moi. Tu es mon dernier bébé. Mon bel amour farouche. Je sais que la prochaine fois où je sortirai dehors en pleine nuit, un 24 décembre, pour tracer des pas dans la neige, ce sera pour ton enfant ou celui de ton frère.

Merveilleux joyeux Noël extra extra d’avance à toi, fille-amour-de-ma-vie xxx.

 

Bulles de protection

Les pommes de terres grésillent dans le gras de canard. L’échalote française se laisse réduire nonchalamment dans le vin rouge. Les filets de porc se détendent sur le comptoir. L’homme fait la sieste – il a refait toute la chambre (pub connue)- et Princesse Ping dessine, avec son talent fou, les animaux issus de son imagination (ses versions du Coq Licorne, de Dallaire, sont hallucinantes). Je sirote mon vin et fait un clin d’oeil à Frank Sinatra. You’re still the one for me, babe.

L’Ado, bandana autour de la tête, as always, émerge du sous-sol. Je sais, t’as faim, comme toujours, mais nous sommes samedi, faque relaxe un peu, on soupe un peu plus tard. Mais je cuisine les trucs que tu adores… Silence. Petit sourire en coin avec la fossette juste d’un côté. Comme à 5 ans. Mais il a 16 (ok, 16 1\2!).

« Antoine s’en vient me chercher. Je soupe chez lui pis demain on va à Place Laurier. Tsé. Et heu… Est-ce que mon t-shirt mauve est sec? »

De kessé? Ben oui je l’ai lavé ton t-shirt avec la face du personnage de Family Guy. Mais il est dans la sécheuse. C’est qu’on fait 10 lavages par weekend ici alors…. HEILLE! Un instant! Tu ne soupes pas ici? Tu te pousses genre, là? Mais j’ai fait des salardaises…. Ok, ta gueule, la priorité n’est pas dans les patates…

- C’est Antoine qui conduit?

- Mom, tu le sais. Antoine a son permis depuis 2 ans. Il vient d’avoir 18 ans. Il est déjà venu me chercher…
- Ouais… je sais. Tu le feras entrer ok?

- Heu… pourquoi?

- Je veux qu’il me souffle dans la face.

- Quoi???

- Je veux savoir si il boit!

- Maman! Ses parents sont à la maison. Ils m’invitent à souper. Ils prêtent l’auto à Antoine pour qu’il vienne me chercher!

- Tssssssssss! Sais-tu qu’à chaque weekend, des adorables tites-faces comme la tienne se plantent la yeule sur la route? Hécatombe, chaque fin de semaine…

-Mom, c’est des cons qui poussent des Honda Civic dans le fond..,

- NON! (Là, je sens que je vais réveiller l’homme…). Oui, il n’y a pas que des cons à Honda Civic….

- Maman. Je ne te ferai jamais ça…

- Car tu penses que les kids morts ont voulu faire chier leurs parents (mi-hystérique, là)?

- Non. Mais tu ne peux pas me sauver de tout. Même si tu le veux très fort. Je ne prends pas de dope. Je suis quasiment toujours ici. Je te dis tout. Tsé…

***

 

Ben oui. Tu es tellement plus sage que moi à ton âge. Plus que ton papa (hé, toi, en haut, tu jettes un oeil, quand même, ok?).

Il ne me reste que mon vieux classique. Celui que j’utilise, chaque soir, depuis que Jérémy et Alexandra existent: la bulle de protection. Que je dessine autour d’eux avant de m’endormir.

Frank, still with me? Gonna need you tonight…

 

 

 

 

Tristane, Caroline et moi…

J’ai longtemps pensé que de créer un personnage qui, au-delà du look de base, ne me ressemblait pas, suffirait pour opérer une forme de catharsis perso. J’étais de bonne foi, je le jure. Vingt ans plus tard, ce serait déjà ça, non? Comme le hasard a un sens de l’humour bien particulier, l’affaire DSK est venu « fucker » mon gentillet plan de match. DSK, et tout ce que j’ai lu depuis sur le harcèlement sexuel et les agressions au boulot. Une surdose. Qui me réveille la nuit. Ça, et les courriels que je reçois de femmes dans la vingtaine qui, encore aujourd’hui, ici (non, pas juste en France) se font ramasser dans des coins de corridors.

Je dis basta. Même si, légalement, je ne peux plus poursuivre les agresseurs, j’ai décidé de les dénoncer. Je tenterai de faire oeuvre utile par le biais d’un essai sur la question qui, je le souhaite de tout coeur, pourra aider d’autres femmes. Mais, ne vous leurrez pas. La première que je veux aider, c’est moi…

De l’origine de l’action

Ben oui, j’ai lancé une nouvelle pétition. Compte tenu du « flou » qui persiste autour de l’Omission d’enquête, du silence de la juge Charbonneau (qui aurait pu, dès le lendemain du congrès du PLQ, demander une Commission d’enquête en bonne et due forme). Que faire d’autre? Malgré ce que les éternels pessimistes ont pu avancer, je persiste à croire que oui, une pétition, en compagnie d’autres actions, peut faire bouger les choses. Est-ce possible que le PM, interpellé sur la question à Paris, avec 30 000 signatures en une semaine, une vingtaine de reportages sur la question, ait fait un calcul? Ben non, sûrement pas. Ce ne sont que les journalistes qui ont fait bouger le PM. Mais au cas où, je ne prends pas de chance… je persiste et je signe.

Pourquoi? Parce que la voix citoyenne doit faire partie de l’équation de la démocratie. J’y crois.

Mais fouillons plus loin. Histoire de faire dans les émotions (heurk! non! pas les émotions dans l’information! jamais un journaliste ne s’abaisserait à jouer dans ce cloaque immonde!) Ben moi, oui.

Marcel Drolet. Mon grand-père maternel. Époux de Lucienne, l’amour de sa vie. Tellement qu’il lui a fait 13 enfants. Marcel était un entrepreneur. Dans tous les sens du terme. Première salle de quilles à Québec, cinéma en plein air, magasin d’électroniques, name it, Marcel avait le pif pour flairer l’air du temps. Mais Marcel était un piètre homme d’affaires. Trop confiant. Souriant. « Ben voyons, y’é ben correct lui! » Ce qui fait que la famille de Marcel a dû déménager en pleine nuit parfois…

Résilient comme pas un, toujours convaincu qu’il devrait offrir à Lucienne une vie de diamants et d’abondance, Marcel fut aussi entrepreneur en construction. Et moi, j’ai passé une grande partie de mon enfance sur ses chantiers. Des immeubles à appartements, en séquence de 5. Nous occupions toujours le premier terminé car ma maman s’occupait de la location, alors que ses frères étaient soit électricien ou plombier. De 5 ans à 19 ans, j’ai vécu dans les « blocs » de mon grand-papa (bien qu’il soit décédé alors que j’avais 15 ans). Car mon papy est mort de peine. Son coeur a explosé quand il s’est rendu compte que la belle maison qu’il avait acheté à son amoureuse allait être vendue. Car Marcel, malgré tous ses projets, voyez-vous, n’avait jamais réussi à se coller au pouvoir. Ben non. Je pense qu’il n’a jamais « vraiment » essayé, trop confiant, trop naïf « le député XXX m’a dit que c’est ok pour la subvention. Ben non, je n’ai pas besoin de donner d’argent! »

Pauvre Marcel. Papy chéri. Tu sais, je me souviens de tes « amis ». Ceux qui créaient des projets en même temps que toi. Il y en a un, d’ailleurs, qui s’est fait bâtir un château, à Québec. Pendant que toi tu rassurais Lucienne en lui disant que, oui, le ministre t’avait écouté, ben eux, versaient des $$$ dans la poche du ministre.

N’empêche que je me souviens de ce que tu m’as dit, pas longtemps avant que ton coeur explose. J’étais assise à tes côtés (comme d’habitude). Tu m’as dit: « Regarde ta grand-mère ».  Son cancer des os faisait déjà des ravages… « Elle est belle, hein? C’est la plus belle femme du monde ». J’ai fait « ouin », du haut de mes 15 ans.

Alors Marcel, c’est un peu pour toi que je me bats. Bisous de ta petite-fille aînée xxx

 




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