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Archive mensuelle de octobre 2011

Attention, monsieur le P.M.!

Encore une fois, je vous interpelle. Vous avez beau marcher dans la peinture pour sortir du coin, ce n’est pas suffisant. Que vous sacrifiiez la crédibilité de vos ministres, c’est une chose. Ils vous ont défendu bec et ongles dans votre entêtement, alors qu’ils assument.

Par contre, vous n’avez pas le droit de placer quelqu’un dans une situation potentiellement dangereuse. En lançant l’odieuse balle de la décision dans le camp de la juge Charbonneau, vous la placez dans une position où, publiquement, elle devra faire ce que vous n’avez pas les couilles de faire. Avec les conséquences qui peuvent suivre. Nous n’avons pas affaire à des enfants de choeur, vous le savez très bien. Et oui, la juge Charbonneau a mis Mom Boucher derrière les barreaux, comme l’a répété ad nauseam votre ministre délégué à la propagande, dimanche. Ce n’est pas une raison pour la jeter dans la gueule du lion.

Vous êtes le chef du gouvernement. Vous devez assumer pleinement ce rôle en mettant à la poubelle le faux décret de la semaine dernière et en rédigeant un qui instituera une vraie commission d’enquête publique, en vertu de la loi. Pas dans 1 mois. Là, dès demain. 

 

L’Omission d’enquête…

… ou la Commission dont vous êtes le héros. Vous décidez à la fois du parcours à suivre et de la conclusion, selon votre bon plaisir.

En sortant de la conférence de presse, hier soir, je pensais écrire un billet d’un kilomètre de long. D’autres l’ont fait avant moi. Je ne répéterai pas, nous avons tous compris que le truc proposé par le « gouvernement » (je crois sincèrement que, après cette annonce, il n’y a pas que le mot commission qui doit être accompagné de guillemets) nous attache, à coup de gros $$$, dans une patente qui ne donnera rien et ne répondra à aucune de nos questions.

« Le Conseil du trésor aura toute la latitude et accordera les sommes nécessaires ». Nous voulions une commission d’enquête. Nous avons un buffet chinois. Allez, servez-vous!

Misère…

Je radote. Mais signons, sortons et dénonçons.


Lettre à M. Charest

Monsieur le Premier ministre,

Je prends la liberté de m’adresser à vous directement. Après tout, vous êtes mon Premier ministre: je suis Québécoise, vous êtes le P.M. élu.

Vous revenez d’Europe, tout frais, guilleret. Je vous devine prêt à l’attaque, la canine à l’avenant. Je vous ai vu réagir à la pétition demandant une commission d’enquête publique en disant: les gens ont le droit de s’exprimer. Je vous ai observé ensuite banalisant la démission de votre scribe. Et tutti quanti. (Avouez que ça dégénère un peu, hein?)

Vous devez savoir que, pendant ce temps, nous parlions, discutions et revendiquions, non? Ben oui. On vous a bien informé. Vous avez laissé tombé une phrase anodine qui laissait entendre que oui, là, vous commenciez à envisager la possibilité d’une commission d’enquête. Avec toutes les objections bidons que nous entendons depuis des semaines, bien entendu.

N’empêche que ce fut efficace. La pétition qui montait en flèche – avec tout le spin qui est venu avec – est en semi-dormance. Bien joué. Vous connaissez très bien votre électorat. Vous êtes un fin stratège. Mais vous savez-quoi, cher P.M.? Nous ne nous chauffons pas tous du même bois vendu à rabais… Ben non :-)

Sachez que l’appel que vous avez fait à votre caucus, avant le retour en chambre de mardi, n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Nous sommes légion, vous savez, à ne plus vouloir se faire prendre pour des cruches.

Nous exigeons une commission d’enquête publique, avec les paramètres de confidentialité normaux pour ce type d’exercice. Nous souhaitons qu’une partie neutre et externe en détermine les paramètres nécessaires (vous ne nous passerez pas un autre Bastarache). Vous voulez nommer un super procureur pour jouer les Elliot Ness? Amusez-vous. Mais il n’est pas question que cette initiative soit un préalable à la commission d’enquête. Vous avez déjà l’UPAC qui en arrache à se trouver des procureurs alors…

Et, de grâce, épargnez-nous l’argument de « danger potentiel pour la preuve ». Vous êtes avocat, non? Alors vous savez aussi bien que moi que ça ne tient pas la route. Soyez au moins à la hauteur de votre serment. De P.M. et d’avocat.

Nous serons vigilants. Nous serons là. 

Nous ne nous connaissons pas personnellement. Mais imaginez-moi comme un piqûre de maringouin que, plus on gratte, plus ça pique. Ça vous donnera un début d’idée…

Au plaisir,

Nathaly Dufour,

Électron libre qui adore son pays

 

La première fois

1980… J’avais 14 ans. Bientôt 15. C’était le printemps. Les printemps de Limoilou sont magnifiques. Une farandole de cordes à linge colorées. Des escaliers de fer forgé en spirales qui tremblent des pas des tits-culs qui, dès la cloche sonnée, courent chercher un vieux ballon pour le kicker dans les ruelles où la gadoue cède le pas aux bourgeons de pissenlits.

Je savais mon pays en ébullition. Pourquoi? Allez savoir! Mes parents, que j’aime d’amour infini, avaient bien d’autres soucis que de se demander si nous devions devenir une nation. Un salaire. Deux cocottes. Un papa et une maman qui veulent tout donner à leurs filles. La question politique ne se discutait pas chez nous. Pas plus que celle de la religion. On vit, on s’aime, et le reste, ben on verra plus tard. J’ai toujours aimé ce sens des priorités.

1980… J’avais 14 ans. Bientôt 15. Mon prof de français avait remarqué mon épinglette du OUI. Souriant, il me demande d’expliquer à la classe le « Pourquoi ». J’hésite. J’ai (déjà à l’époque) une foutue grande gueule qui cache une grande timide. Je jette un regard vers Nat B. qui me fait une signe de tête. Je plonge. J’improvise avec mon coeur. La cloche sonne. Je parle depuis 30 minutes.

(les années passent. je peux voter. je milite. je suis réjouie. je suis déçue.  je fais des enfants. je me décourage. je reviens. je m’éloigne. j’analyse. je reviens à la charge)

Voilà. J’ai 45 ans. Je suis un électron libre.

*Ce billet est dédié à ceux et celles qui m’ont dit: pourquoi? de kessé? cherches-tu à vendre des livres? mêle-toi donc de tes affaires! et surtout, « tu sors d’où, toé? je milite depuis 10 ans faque »…

Je passe ben ben mal… #1

Il n’y a pas de petit peuple. Il n’y a pas de petits rêves. Il n’y a que des gens à l’esprit étroit…

Me suis réveillée avec ça en tête ce matin. Incapable de vous dire d’où ça vient mais j’aime. Est-ce parce qu’avant de m’endormir j’ai terminé la lecture d’un roman qui se passe à l’aube de la Révolution russe, en décembre 1916, lors de l’assassinat de Raspoutine et de la chute du tsar? On connaît la suite. Ça m’a amenée à réfléchir à la notion des extrêmes et à réaffirmer le fait que j’abhorre tout ce qui catégorise, définit unilatéralement et, inévitablement, exclut.

Cela dit, ce état de fait n’est pas sans poser problème. Difficile parfois de m’identifier à un mouvement précis. Non pas que ce soit obligatoire, loin s’en faut, mais lorsqu’on tente de faire bouger les choses – comme en faisant un pétition, par exemple – les gens ont tendance à vouloir nous caser bien clairement avant de nous appuyer. Pas tous, mais pas mal plus que je ne le pensais.

Suis-je de gauche, de centre ou de droite? Suis-je féministe? Suis-je séparatiste? Etc… Fascinant le nombre de questions du genre que l’on m’a posé dans les deux dernières semaines. Au début, ça me tapait sur les nerfs puisque, après tout, je fais appel à tous, sans distinctions, de manière non-partisane. Finalement, ça m’a permis de faire un exercice que l’on devrait faire régulièrement, comme un grand ménage d’automne de nos convictions.

Bilan:

Je suis féministe, oui. Et le mot ne me fait pas peur. Je l’assume, ne serait-ce que par respect pour des générations de femmes qui m’ont précédée. Je l’assume aussi face aux mutilations, viols, inégalités, préjugés et autres bassesses que les femmes endurent de par le monde. Je l’assume dans ma société, dans mon travail, dans ma maison. Auprès de ma fille. Et d’autant plus auprès de mes garçons.

Je suis pour l’égalité. Mais pour moi, l’égalité n’équivaut pas nécessairement à la parité, désolée. Je suis aussi pour la compétence, les idées novatrices et la quête de l’excellence. Peu importe ce que l’on a dans le pantalon. Réparer les injustices du passé, oui. Tenter de renverser la machine en créant le même effet, non merci. Remplacer la pitoune à grosses boules dans les pubs par le mec idiot. Bra-vo. Plus simpliste que ça… Et pour moi, l’homme rose est le meilleur contraceptif qui soit, un vrai remède à l’amour.

Et je me maquille. Pas tout le temps. Mais quand ça Me tente. Et quand ça Me tente, je me perche sur des talons vertigineux, me moule le popotin et me la joue glamour. J’adore ça. Quand ça Me plaît. Et ça ne regarde que moi.

Ce qui fait que, premier constat, je passe ben ben mal dans les regroupements féministes….

Dans un prochain billet: pourquoi je passe ben ben mal aussi dans les partis de gauche. Et de droite.

 

 

 

 

 

Vive la France… :-)

En consultant les statistiques de ce blogue, j’ai eu la surprise de voir le nombre de visiteurs provenant de la France faire un bond spectaculaire….

Alors, bien le bonjour, chers cousins (à moins que vous ne soyez des Québécois qui s’ennuient trop de moi… ou qui ont une furieuse envie de mieux me connaître ?!?!)…

Au plaisir :-)

Oui, nous avons tous une conscience!

La nouvelle m’a réconfortée, je l’avoue. On le soupçonne depuis longtemps: ce ne sont pas tous les Libéraux qui sont à l’aise avec l’omerta – lire « la ligne de parti » – préconisée par Jean Charest. Pas tout le monde qui trouve ça le fun de nager constamment à contre-courant, le vent dans la face, avec des poids de 10 livres attachés aux chevilles…

Décider de faire de la politique, perso, je trouve ça admirable. Choisir de se placer sous les spots, de travailler 7 jours sur 7 pour ensuite se faire traiter de tous les noms, faut vouloir. Alors lorsqu’en plus on est éclaboussé par des allégations qui ne nous concernent pas (je ne crois pas que tous les politiciens sont des « vendus », vraiment pas), il faut faire des choix, il me semble.

Ne serait-ce que pour éviter de se réveiller la nuit avec un gros poing dans la poitrine en se disant qu’on a contribué à « l’éffoirement » de nos institutions par péché d’abstinence. Pas chouette.

La démocratie, ça nous concerne tous. Toutes tendances confondues.

Manifestons. Parlons. Haut et fort. Et signons:

https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-2019/index.html




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