Il y a des monstres plus méchants que d’autres

Les yeux dans le fond du crâne. Une nausée qui ne lâche pas. Un seul refuge: le sommeil. Profond, lourd, idéalement comateux. Le désir d’anesthésier la douleur qui lutte avec l’irrépressible envie de peser dessus. Comme un ulcère qu’on ne peut s’empêcher de triturer. Les réveils brutaux, en sueurs, en pleine nuit. Le coeur qui bat comme un fou, juste là, au bord des lèvres. Pulsion de fuite, de repli, de retour à la position foetal. Pulsion de mort? Possible…

Vrai que personne n’est invincible. La dépression peut frapper n’importe qui, n’importe quand. Elle peut prendre différentes formes et nous tomber dessus avec plus ou moins d’intensité. Un coup de pelle dans le front ou une lente montée sournoise. Dépression de guerrier, de victime, circonstancielle, héréditaire… Il y a probablement autant de type dépressions que d’humoristes au Québec. Et non soignée, cette maladie peut être mortelle. Il n’y a qu’à regarder les statistiques de suicides au Québec.

Il y a aussi la jalousie qui, en passant, n’a rien à voir avec l’amour mais plutôt avec le désir de possession (tout comme le viol n’a rien à voir avec le désir sexuel). Jalousie et sentiment de trahison qui peuvent pousser à rester dans sa voiture toute la nuit devant l’appartement de l’ex en écoutant des slows poches, lui pitcher par la tête, du haut d’un escalier, tous les cadeaux qu’il nous a offert ou encore faire 400km pour lui foutre une gifle.

Dans un esprit déjà malade, la jalousie poussé à l’extrême devient l’obsession. Et là, il y a des lapins qui risquent de finir ébouillantés (Fatal Attraction quelqu’un?). Et, plus sérieusement, malheureusement, beaucoup «d’objets du désir» qui sont tués. Des femmes, pour la plupart. Et le mot objet n’est pas anodin car lorsqu’on tue la personne que l’on dit aimer comme un fou, c’est que l’on considère qu’à priori, cette personne nous appartient. Point. Personne d’autre ne pourra la toucher, l’aimer, la consoler, la faire rire ou jouir.

Alors oui, une foule de combinaisons possiblement explosives et hautement destructives. L’extrême: tuer ses propres enfants, de ses mains, dans la douleur et les cris, afin de s’assurer que leur mère fasse des cauchemars jusqu’à son dernier souffle. Pas dans la «douceur» d’un sommeil dont les petits ne se seraient pas réveillés. Non, dans le sang. Images fortes et insoutenables qu’un homme imprime de force dans la tête de celle qui a commis l’erreur d’aimer ailleurs. Et qu’il continue d’évoquer en la forçant à le rejoindre en cour pour revivre tout ça encore une fois. Salaud.

Alors oui, M. Foglia et autres, nous avons tous, j’en suis convaincue, un crack-pot qui sommeille en nous. J’ai rencontré le mien à quelques reprises. Pas joli-joli… Mais un dépeceur d’enfants narcissique? No way.

 

 

4 Réponses à “Il y a des monstres plus méchants que d’autres”


  • bravo!!!

  • J’ai lu le texte de Pierre Foglia ce matin et j’ai été interpellé par votre titre ensuite. Je trouve comme lui que la ligne de démarcation entre le monstre et l’être raisonnable est parfois très fine. J’ai été témoin moi-même du monstre qui ne demandait qu’à sortir de sa caverne chez une personne aimée et c’était chaque fois inquiétant des ravages possibles, heureusement chaque fois évités. Mais je suis sensible à votre réflexion, d’un point de vue plus proche de la personne visée par le monstre à partir du mal fait à ses enfants. Je vous remercie de m’éclairer sur ce point. J’ai encore à réfléchir sur la nature humaine…

  • Émilie C. Lévesque

    Je suis bien d’accord. C’est trop facile de parler de maladie mentale ou de dépression quand dans certains cas, c’est une question de contrôler le monstre.

    Ce qui différencie l’humain de l’animal, c’est sa capacité à contrôler ses pulsions malaines.

  • No way en effet.
    On n’a pas souvent l’occasion d’avoir un procès de ce genre car habituellement, le-la (monstre) déprimé-e qui emmène ses enfants dans la mort ne leur survit pas; il-elle ne rate pas son suicide! De plus, la plupart du temps, il-elle s’arrange pour que les enfants souffrent le moins possible.
    Là on a un enragé bien placé pour utiliser une méthode rapide pour en finir avec la vie qui s’acharne contre ceux qu’il est sensé aimer, qu’il veut supposément soustraire à la douleur de LE voir mort, et les laisse mourrir dans des douleurs atroces qu’il n’ose pas s’infliger à lui-même.

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