Archive mensuelle de mai 2011

Zizis hors contrôle et autres accidents fâcheux

Mon dernier billet parlait de la violence. Restons dans le même registre, voulez-vous?

Mon inspiration du jour? L’affaire DSK, cette « sympathique » tête de noeud qui, selon ce qu’on peut glaner ici et là, a la fâcheuse habitude d’échapper son zizi un peu partout. Sa dernière incartade: il aurait glissé sur une savonnette mouillée au sortir de la douche, pour ensuite malencontreusement atterrir, pénis devant, sur la femme de chambre qui passait par là. Les experts en reconstitution d’accident ont illustré la chose ici. Pas chanceux, le mec… Ça me rappelle vachement l’histoire du curé arrivé à l’urgence avec un manche à balai pris là où la lumière ne se rend point. Le pauvre type avait tenté de changer une ampoule électrique, avait glissé de l’échelle et paf! direct sur le balai qui, lui aussi, passait par là… Il y a vraiment des gens qui ont une poisse pas possible!

Une copine, connaissant mes vues sur le harcèlement et les agressions sexuelles au boulot, m’a refilé cet article édifiant, ce matin. J’ai eu comme un début de nausée en lisant des trucs du genre:

« Elles sont souvent persuadées que c’est de leur faute, qu’elles n’ont pas été claires. » (Classique. T’as beau porter un gros chandail lousse pis une jupe aux chevilles, c’est quand même de ta faute.)


« C’est une violence discontinue qui s’inscrit dans la durée. Il y a des phases de tranquillité au cours desquelles les victimes peuvent penser que C’est bon, il a compris, il ne recommencera pas.  » (Ouf! J’ai été claire la centième fois que j’ai dit non!)

 

« L’élément déclencheur peut être une altercation violente, ou une remise en cause de leur contrat, elles qui subissent souvent ce harcèlement de peur de perdre leur emploi. » (Et merde! Il dit qu’ils devront faire des coupures prochainement!)

 

Et là où le début de nausée s’est transformé en pur dégoût:

« J’ai entendu une magistrate dire: Ça devrait vous faire plaisir que votre employeur vous fasse des compliments. « 

***

Rassurant de savoir que ça se passe en France, n’est-ce pas? Ici, au Québec, nous sommes bien mieux équipés que ça en matière de justice et de possibilités de dénonciation. Ben oui.

Alors dites-moi pourquoi, au moins une fois par semaine, je reçois le témoignage d’une femme qui, épuisée de garder le silence, me confie les agressions ou le harcèlement dont elle a été (ou est encore) victime au travail. Et oui, il y a des femmes de ménage. Des attachées de presse, des avocates, des auteures, des politiciennes, des infirmières, des ingénieures aussi.

Et plus l’agresseur est un gros bonnet, plus la dénonciation est difficile et périlleuse. Pourtant, il faudrait. Au risque de tout perdre. Car le silence est un véritable cancer qui en bout de ligne aura votre peau. Sournoisement. Mais certainement.

Même 20 ans plus tard…

 

 

De la violence…

Elle est partout. Sanglante.

Elle fait la une, la salope. Des peuples décimés. De jeunes hommes forcés à prendre les armes. Des femmes violées. Des filles mutilées. Des garçons abusés. Des épouses tuées par des maris fous de jalousie. Des maris accusés à tort d’abus. Des bébés charcutés par un parent fou de rage. Un couple de p’tits vieux peinards ligoté par des ados drogués en manque.

Et un mec, prof d’université, un brin différent, dont on pète le crâne, le nez et les doigts, comme ça, un soir de printemps, dans le chic quartier Montcalm, à Québec. Revenait d’acheter une pinte de lait à l’épicerie. Déjà là, on en parle moins. On se rapproche de la violence de tous les jours.

Celle qui, dans les cours d’école, fait qu’une fillette passera une bonne partie de sa vie à croire qu’elle est nulle et moche. Ou qu’un garçon aura envie de se suicider, convaincu que l’affection qu’il ressent pour son copain est malsaine.

Plus sournoise encore, la violence économique du quotidien. Celle qui donne à certains le pouvoir d’abuser, de dénigrer, de compromettre, impunément. Violence sexuelle envers une jeune femme qui n’aspire qu’à «devenir». Violence psychologique envers un homme qui veut s’en sortir. Violence inspirée par la jalousie, la frustration. Violence. Souvent. À mots couverts. En dessous des lois. Avec la conviction que la cible ne se relèvera pas. Manque de moyen. De ressources. Ou carrément, trop dégoûtée.

Grande, petite, ouverte, cachée, économique, conjugale, familiale ou hiérarchique, dénonçons! Oui, je sais, on dirait un voeu pieux. Mais moi, perso, je n’en peux plus de la violence. Grande comme petite. Nausée.

Il y a des monstres plus méchants que d’autres

Les yeux dans le fond du crâne. Une nausée qui ne lâche pas. Un seul refuge: le sommeil. Profond, lourd, idéalement comateux. Le désir d’anesthésier la douleur qui lutte avec l’irrépressible envie de peser dessus. Comme un ulcère qu’on ne peut s’empêcher de triturer. Les réveils brutaux, en sueurs, en pleine nuit. Le coeur qui bat comme un fou, juste là, au bord des lèvres. Pulsion de fuite, de repli, de retour à la position foetal. Pulsion de mort? Possible…

Vrai que personne n’est invincible. La dépression peut frapper n’importe qui, n’importe quand. Elle peut prendre différentes formes et nous tomber dessus avec plus ou moins d’intensité. Un coup de pelle dans le front ou une lente montée sournoise. Dépression de guerrier, de victime, circonstancielle, héréditaire… Il y a probablement autant de type dépressions que d’humoristes au Québec. Et non soignée, cette maladie peut être mortelle. Il n’y a qu’à regarder les statistiques de suicides au Québec.

Il y a aussi la jalousie qui, en passant, n’a rien à voir avec l’amour mais plutôt avec le désir de possession (tout comme le viol n’a rien à voir avec le désir sexuel). Jalousie et sentiment de trahison qui peuvent pousser à rester dans sa voiture toute la nuit devant l’appartement de l’ex en écoutant des slows poches, lui pitcher par la tête, du haut d’un escalier, tous les cadeaux qu’il nous a offert ou encore faire 400km pour lui foutre une gifle.

Dans un esprit déjà malade, la jalousie poussé à l’extrême devient l’obsession. Et là, il y a des lapins qui risquent de finir ébouillantés (Fatal Attraction quelqu’un?). Et, plus sérieusement, malheureusement, beaucoup «d’objets du désir» qui sont tués. Des femmes, pour la plupart. Et le mot objet n’est pas anodin car lorsqu’on tue la personne que l’on dit aimer comme un fou, c’est que l’on considère qu’à priori, cette personne nous appartient. Point. Personne d’autre ne pourra la toucher, l’aimer, la consoler, la faire rire ou jouir.

Alors oui, une foule de combinaisons possiblement explosives et hautement destructives. L’extrême: tuer ses propres enfants, de ses mains, dans la douleur et les cris, afin de s’assurer que leur mère fasse des cauchemars jusqu’à son dernier souffle. Pas dans la «douceur» d’un sommeil dont les petits ne se seraient pas réveillés. Non, dans le sang. Images fortes et insoutenables qu’un homme imprime de force dans la tête de celle qui a commis l’erreur d’aimer ailleurs. Et qu’il continue d’évoquer en la forçant à le rejoindre en cour pour revivre tout ça encore une fois. Salaud.

Alors oui, M. Foglia et autres, nous avons tous, j’en suis convaincue, un crack-pot qui sommeille en nous. J’ai rencontré le mien à quelques reprises. Pas joli-joli… Mais un dépeceur d’enfants narcissique? No way.

 

 

Zéro analyse parce que… ciboire!

Oui, j’aurais souhaité que Guy Turcotte se suicide en 2007, OK? Ou qu’il aille se faire traiter par un psy. Non pas pour régler sa relation de couple, mais pour en finir avec ses osties de problèmes.

Désolée… J’ai zéro empathie pour le mec. Et je trouve qu’on vit dans un monde qui donne des freebees à tellement de fonds de poubelles. Je suis consciente qu’en disant ça, je fais preuve de zéro psychologie, que je renie mes connaissances en droit criminel, en criminologie. Et je dis… SO FUCKING WHAT?

À mon plus grand dégoût, je rejoins les propos de cet être hautement narcissique: le jour où tu deviens parent, tu découvres une qualité et une intensité d’amour que tu ne soupçonnais même pas. Tout ta vie est transformée.

J’ajoute que peu importe tes peines d’amour, tes gros bobos, ton-moi-moi-tout-froissé-de la-vie poche-poche, et le elle-est-méchante-pas-fine-bitch, poignarder tes enfants qui te regardent droit dans les yeux en te disant «Non, papa!» fait de toi un fond de poubelle fini. Et rien de la preuve ne me fait penser qu’il était dans un état du genre «je poignardais mes chéris mais j’avais l’impression que je coupais du bois…» Ta gueule, Turcotte! Tu as voulu ce procès pour continuer l’oeuvre de destruction que tu as entrepris contre ton ex.

Zéro analyse. Zéro psy. Zéro avocat.

Allez, pitchez-moi les pierres. Je m’en fous…

 

P.S. Je suis consciente d’alterner les temps de verbe, la ligne narrative, de faire des fautes et pouette-pouette-pouette dans ce billet… Mais ceci n’est pas un exercice de style. C’est un cri de vie. Maladroit, certes, mais vrai.

Le blues d’une maman ben ordinaire

«Maman!!!»

Ce mot, qui en soi ne veut rien dire, comme tous les mots. Pourtant, lorsqu’il résonne à 3h du matin, c’est le mot le plus important de l’histoire de l’humanité. C’est le seul mot qui compte. C’est le mot qui sublime tout le reste. Le mot qui, dès la première fois, vous hante jusqu’à la fin des temps.

J’ai toujours su que je voudrais entendre ce mot. Les yeux plantés dans le regard d’un enfant dont je ne pouvais pas encore voir les traits, du haut de mes 16 ans, mettons. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai voulu être mère. Pourquoi? Je ne sais pas. Et je n’ai pas le temps d’explorer la chose… parce que je suis mère… et belle-mère.

«Maman!!!», c’est moi qui prend dans mes bras l’ado sublime que j’ai mis au monde il y a près de 16 ans et qui, «full» hormones de l’adolescence, se cherche, semble se trouver pour se perdre le lendemain. C’est aussi moi qui explique à ma puce de 7 ans que, non, une femme ne se définit pas par son apparence.

«Maman!!!», c’est aussi moi qui, certains matins, ou certains soirs, cherche son air, ne se retrouve plus, se demande pourquoi et tente de se souvenir de ce qu’elle était avant d’être… Maman… 

Bonne fête des mères. À ma mère. Une vraie de vraie. Et à toutes les mères qui, comme moi, se sente moches 50% du temps.

Une pensée émue pour les mères qui ont perdu leurs bébés d’amour. Isabelle, je t’embrasse de tout mon coeur.

Et pour celles qui ont mis au monde des êtres humains parfaits en soi et qui n’en ont rien à foutre: svp, déléguez, merci.

Perdre son âme…

Décembre 2006: accusé de crimes contre l’humanité, plus particulièrement du massacre de 148 villageois chiites, l’ex-dictateur irakien Saddam Hussein est exécuté par pendaison à la suite d’une condamnation du Haut tribunal pénal irakien.

2001: Radislav Krstic, un général serbe de Bosnie ayant participé au massacre de Sebrenica est condamné à 46 ans de prison pour génocide


Décembre 1989: Nicolae Ceausescu et sa femme sont jugés, condamnés pour génocide et fusillés.

1987: Klaus Barbie est condamné à perpétuité pour crimes contre l’humanité. Il meurt d’un cancer en 1991.

Suite au génocide commis au Rwanda en 1994, de nombreux accusés ont été condamnés et emprisonnés à vie, dans plusieurs pays.

Dois-je continuer? Non, vous me voyez venir avec mes gros sabots…

Après la surprise de l’annonce de la mort d’Ossama Bin Laden, lundi matin, un malaise s’est graduellement installé en moi. D’abord, le caractère pour le moins expéditif des «funérailles». Quoi? On nous annonce la nouvelle et le mec  flotte déjà? «Il a dû se défendre avec toute une armée pour que le commando n’ait pas été en mesure de le capturer», me dis-je, naïvement. Parce qu’avec ce que Bin Laden devait avoir comme infos en sa possession, on aurait pu croire que la CIA se serait jeter sur son cas comme un affamé dans un buffet chinois. Ben non. Le poilu à turban a «vaillamment» tenté de se défendre à l’aide d’une femme judicieusement placé devant lui. Il n’était pas armé. Et le Golden Boy du commando l’a tiré directement dans l’oeil. Nous sommes bien loin de la balle dans le mollet pour ralentir un fuyard…

Troublée, de plus en plus, j’étais.

Et puis vint cette fameuse photo. J’avais dépassé le stade du malaise. Dégoût serait un mot plus juste.

Ne venez pas me bassiner avec un rappel du 11 septembre. Monstrueux, affreux, etc. J’ai tout vu ça à la tivi comme tout le monde… Mais pourquoi la vie de 3000 américains mérite une condamnation à mort sans procès et pas 8000 Bosniaques à Sebrenica ou 800 000 Tutsis au Rwanda? Je n’achète pas, monsieur Obama, l’argument de la peur du fanatisme qu’aurait pu créer un procès. Je vous souhaite à vous, et surtout aux millions de vos concitoyens, de ne pas avoir à payer de vos vies pour cette décision… 

MAJ: On m’a demandé pourquoi je ne parlais pas des implications en matière de droit international. Et, dans la foulée, des réactions des autres chefs d’états. 

J’aurais pu. Je garde un souvenir assez vif de nuits blanches passées à préparer le mémoire que j’allais ultimement plaider à La Haye, à l’occasion d’un concours de plaidoirie. Le sujet: le concept des contre-mesures légitimes en droit international. Mais ceci n’est pas un blogue de droit. Je ne voulais que mettre en perspective certains faits. Le reste, je le laisse à d’anciens collègues :-) )

Le Québec se fera. Ou pas. Mais pas à Ottawa…

C’est ce que je crois depuis plusieurs années, bien humblement.

Je me souviens du jour où Christiane Gagnon nous a annoncé, au comité éxécutif du PQ de Jean-Talon, que Lucien Bouchard l’avait appelée pour lui demander de se présenter au sein d’un nouveau mouvement, le Bloc Québécois. Intéressant, dans la foulée de Charlottetown. Il y avait là un souffle qui, à mon avis, pouvait «shaker» la cabane, là-bas, à Ottawa. Flattée elle était, Christiane. Depuis 20 an, elle est réélue avec forte majorité. Un pilier du Bloc.

Ce soir, peut-être que Christiane perdra son siège au profit d’un néophyte. Et oui, ce sera probablement le foutoir à Ottawa au lendemain de cette élection déjà surréaliste. Peut-être avons-nous besoin de ce chaos pour réagir?

Un parti du Québec à Ottawa. L’idée était forte et belle. Mais ça n’a rien changé en 1995. La fenêtre d’opportunité (oui, anglicisme) est fermée. On passe à autre chose. Entre nous.

Point positif perso de cette élection: mes parents de 70 ans ont voté pour la première fois depuis longtemps. Et ma maman passe 12 heures debout dans un bureau de vote à travailler. C’est aussi ça, la démocratie.




Les voyages du Lion Hupmann |
yadieuquirapplique |
puzzle d'une vie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Post scriptum
| Partager des mots
| catherinerobert68