Archive mensuelle de mars 2011

FTY… #2

D’entrée de jeu, j’annonce que je ne serai pas au Salon du livre de Québec. Ma ville.  Mes lecteurs. Mes amis. Ma famille. Désolée. Comme dirait le personnage de Valmont, délicieusement interprété par Malcom M., It’s beyond my control…

FTY, comme tout le monde le sait, maintenant, c’est pour Ferme Ta Yeule. Yep. Il semble que ce soit la règle, dans bien des domaines. Y’a un os? FTY! Les conditions de travail sont poches? FTY! On te raconte des histoires qui ne tiennent pas la route? FTY! On t’offre mers et mondes pour finalement accoucher d’un embryon de souris? FTY, câlisse!

Nous vivons dans un monde bien lisse. On s’énerve le poil des jambes à propos de la politique, des désastres, des mensonges de nos gouvernants… Mais c’est seulement du poil de jambe, z’amis. Ça ne nous engage en rien. En autant que ça ne nous touche pas de trop près, que ça ne vienne pas jouer sur notre chèque de paye, nos acquis, notre train-de-vie, notre confort… 99% de temps, on FSY. Parce que fermer sa yeule nous permettra de décrocher le prochain contrat, obtenir la prochaine pige, publier le prochain roman.

Allumons en choeur le barbecue de tournedos. Badigeonnons la chose bien épais.

Combien de témoignages d’auteurs frustrés du sort qui leur était réservé ai-je recueilli? Plein.  Combien se sont prononcé sur la chose? Heu… zéro! Normal. Tout le monde veut continuer à publier. Alors les magouilles de relations de presse, les promesses de paradis qui tournent au vinaigre et tutti quanti… ben, FTY! J’admire (presque) ces personnes. Elles ont un sens de la survie, in the jungle, que moi je n’ai pas.  Je ne suis pas super bonne dans l’art du camouflage. Je suis plutôt du genre in your face.

Alors, quand on m’a offert des lancements grandioses à Québec et Montréal, des 5 à 7 conférence, des concours pour amener mes lecteurs à Montréal toutes dépenses payées, des promotions dans le Sud, des pochettes exclusives, des affichettes dans les librairies, des enveloppes d’envoi identifiées à mes romans… ben, j’ai dit oui (une folle dans une poche, comme dirait ma grand-mère). Et le jour où je me suis rendu compte que tout ça n’était que de la poudre aux yeux… ben… je me suis fâchée un tit-peu.

Et comme, en plus, j’avais monté un plan de communication pour les réseaux sociaux (accepté et validé par la Firme), offert une formation sur le bras, avec en poche une promesse d’être gestionnaire de réseau (promesse non tenue because chu pas toujours fine), j’ai eu un peu la nausée, genre.

Alors non, je ne serais pas au Salon du livre de Québec. Mais qui sait si je ne tiendrai pas mon auto-stand de signature, quelque part, juste pour vous jaser un peu, copains-copines ? :-) ))

MAJ

Lorsque je parle d’auteurs qui se taisent, sachez que je parle en général et que je connais plus d’auteurs hors ma maison d’édition que dedans… Juste comme ça :-)

Je n’aime pas le mois de Mars

Salut, toi, là-haut…

C’est un soir comme ça… Tu sais, un de ces soirs où je te parle de lui. Ton fils. Ton « garçonnet »…

Et bien ton poussin n’est plus un bébé. C’est une amorce d’homme magnifique, beau, intense, absolument délicieux. Sensible, drôle, complexe… un parfait mélange de toi et moi.

Longtemps, il a vécu ton absence involontaire sans trop s’en faire. Après tout, il n’a aucun souvenir conscient de toi… Il n’avait que 8 mois quand le turquoise de tes yeux s’est éteint sur une route de Kamouraska, en mars 1996. N’empêche qu’il a hurlé de tout son petit corps ce matin-là, avant même que l’on sache. Peut-être sentait-il ton adieu?

Je radote. Si tu étais là, tu me dirais « Nat, come on, brown eyed girl, qu’est-ce qui se passe? »

Il se passe que notre homme est triste. Ce sourire ravageur qui fait fondre le coeur des jeunes filles se teinte d’une ombre que je n’aime pas.

Tu lui manques. De manière intangible. Toi, son père. Cet image qu’il porte en lui depuis toujours se réveille, à l’aube de sa vie d’homme. Floue et très vive à la fois. Ton visage figé dans cette éternelle jeunesse de tes 28 ans le hante. Et moi, qui le berce, l’aime, le chicane, l’accompagne, lui prends la main, le réprimande, le félicite, l’aime plus que ma propre vie, je me sens démunie, sans réponse, sans solution.

Des dizaines de fois j’ai souhaité que tu sois là. Lorsque le pédiatre m’a dit qu’il devrait se faire opérer, idéalement, pour mieux respirer. Lorsque son éducatrice de CPE m’a dit qu’il croyait pouvoir voler et qu’il s’était lancé dans les escaliers, sourire aux lèvres. Et toutes les fois où j’ai été si fière de lui que mon coeur voulait exploser. Et, bien sûr, toutes ces occasions où j’ai dû prendre une décision, sans toi, pour lui. Avec, toujours, la peur au ventre de ne pas être à la hauteur.

Mais tu sais, je fais ce que je peux.

Tu lui manques. Et je n’ai pas les clés pour comprendre.

Pis tsé, je ne veux pas trop te déranger. Tu dois te faire un méchant party avec la gang. Genre, course de « chars » avec Ayrton et Gilles, jam session avec Jimmy H. et game de pool avec… je ne sais pas trop :-)

Je sais que je suis la plus chanceuse. Je vis avec lui. Tu ne sais pas ce que tu manques!


Alors, je te laisse sur mes angoisses de maman. Je l’aime plus que moi. Et je sais que, dès que tu as su qu’il existait, ce fut la même chose pour toi. Je me souviens de ton bonheur :-)

Si tu as deux minutes, de là-haut, aide-moi, svp. En presque 15 ans, je ne t’ai pas trop dérangé, hein?

Et là, ben, je manque un brin de souffle…

xxx




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