Archive mensuelle de mai 2010

Impact

Chaque fois que je vois une scène d’accident de la route, je frémis. Chaque fois que je croise un dix roues, sur la route, j’ai chaud. La ferraille tordue, les ambulances, la circulation arrêtée… et le bruit de l’impact. Un son qui ne ressemble à rien d’autre. Un prélude à l’horreur.

Même 14 ans plus tard.

On n’oublie jamais. C’est inscrit profondément dans ma chair, dans mon coeur, dans ma tête. Je n’étais pas là. Mais j’ai vécu la scène mille fois, en cauchemar, éveillé ou non. La route, la courbe, le camion qui est déporté, la peur, l’impact, la dernière pensée, son regard turquoise qui s’éteint, son coeur qui arrête de battre, d’aimer.

Moi, à des kilomètres de là, tenant notre fils dans mes bras. Huit mois, à peine.

Oui, je comprends la douleur. La colère. L’envie de tuer. Oui, oui. D’arracher les yeux à celui qui à fermé à tout jamais ceux de l’être tant aimé. Alors oui, je vous comprends, M. Lacroix. Toutefois, faites attention de ne pas détruire une autre vie au passage. Inutilement. Le mot terroriste, gardons-le pour ce qu’il veut vraiment dire, d’accord ? Bon courage.

Beaucoup de bruit pour lui…

J’aimerais comprendre… Expliquez-moi, quelqu’un. Pourquoi le tollé autour de la participation du Cardinal Ouellet au congrès pro-vie? Est-ce qu’il y a une personne saine d’esprit qui s’étonne de le voir là? Le mec est un prince d’une église qui, de toutes les époques, s’est prononcé contre l’avortement. Contre la contraception. Cibole, contre le sexe avant le mariage! Il est tout à fait à sa place, dans ce congrès. Il devrait le présider, écrire le programme et donner les souvenirs fin de congrès! Pourquoi tomber en bas de sa chaise?

L’Inquisition, ça vous dit quelque chose? On câlisse des femmes pieds et poings liés dans le fleuve en attendant de voir si elles vont remonter à la surface, histoire de voir si ce sont des sorcières ou non. Si elles remontent, ben simonac, ce sont des sorcières… on va donc les brûler. Si elles calent, ben coudonc…

Notre inconscient traumatisé s’offusque de la présence de Mgr Truc-Muche au congrès de Sauvons le foetus. Nous sommes colonisés, religieusement parlant. Qu’il se fasse aller l’étole aux côtés de ses semblables d’idéologie. Nous devrions l’ignorer. Si son étole décolle et déteint sur un de nos élus, alors là, protestons, les amis. Montons aux barricades. Dénonçons. Luttons. Et tutti quanti.

État. Religion. Luttons pour la séparation permanente. Seul enjeu.

MAJ: La séparation entre la foi (ou la spiritualité) et l’Église est tout aussi importante, pour moi.

 

Un cigare avec ça, messieurs?

Il y a deux jours, j’ai reçu un courriel qui m’a, je dois l’avouer, fait péter une coche. (Je vous laisse le temps de faire vos propres blagues sur le fait que j’en pète régulièrement) Ce n’était pas le premier, depuis la publication de Sous la toge. Mais qu’on me raconte qu’une jeune femme n’a pas terminé son stage, récemment, pour des raisons qui s’apparentent à ce que je décris dans mon roman, ça m’a jetée à terre. Mais en fait, étais-je si surprise? Ben non…

Je suis entrée au bacc en droit, à l’Université Laval, à l’automne 1987. Pour la première fois dans l’histoire de la Faculté, je faisais partie d’une cohorte en majorité féminine. Je vous dirais qu’à l’époque, le milieu était loin d’être préparé à cette « invasion » féminine. Les profs semblaient mal à l’aise, à part quelques superbes exceptions (Maurice Tancelin, merveilleux cerveau juridique, je ne vous oublierai jamais, de même que Daniel Gardner, votre plus exquis disciple). Et là, on jase milieu universitaire, supposément évolué. Que dire de la pratique, à cette époque? Lisez Sous la toge

Qu’on se comprenne bien. SLT n’est pas une biographie. Je ne suis pas Caroline, le personnage principal. Je me suis inspirée d’anecdotes… qui datent de 1991! J’ai été admise au Barreau il y a près de 20 ans. Je n’y suis plus depuis presqu’aussi longtemps. Pour une foule de raisons, dont le fait que j’avais envie d’autre chose. N’empêche que les souvenirs de ce Boy’s Club ne se sont pas effacés. Je me souviens notamment d’un exposé que j’ai fait à un sénior. Des heures et des heures de recherche sur un point de droit encore non résolu (suite à l’entrée en vigueur de la TPS). Moi, sans fausse modestie, on the ball comme ça ne se peut pas. Lui, qui écoute d’une oreille distraite en reluquant le peu de bout de peau que j’ose découvrir. Limite col roulé. On se retrouve en procès. Je lui ai « mâché » la plaidoirie dans le bec. Et il a été incapable de la rendre devant le juge.

Je vous raconte ça, un peu sur le coup de l’émotion. Je me suis éloignée de ce milieu. J’ai bâtie ma vie autrement. Je ne dirai pas que je n’ai jamais rencontré d’injustices flagrantes homme/femme. Mais jamais, JAMAIS, comme au sein du merveilleux monde du droit. Harcèlement psychologique? Mets-en. Harcèlement sexuel? Amenez-en! Un festival!!!

Aujourd’hui, j’observe la liste des « élus » de la commission Bastarache . Suis-je étonnée de ne retrouver que des hommes? Bof, pas tant que ça. La culture machiste de ce milieu professionnel survit à tout. Et je sais très bien que je vais mettre les pieds dans la schnoutte si j’explique comment beaucoup de femmes ont contribué à ça. Je n’ai pas les moyens. Après tout, je ne suis qu’une écrivaine !

Ajout: Je ne suis pas la seule à réagir à ce déséquilibre. Plusieurs voix se sont fait entendre. J’espère que ça continuera. Le point de vue de Cécile Gladel, ici.




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