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Archive mensuelle de septembre 2009

Le syndrome de la saucisse et un roman savoureux

Parlons écriture. Ça fait un bail, hein? Et avec le titre du billet, avouez que vous ne l’avez pas vu venir, le sujet.

Rappelez-vous cette pub de la saucisse Hygrade: «Tout le monde en mange parce que c’est bon… et c’est bon parce que tout le monde en mange!» J’ai cette phrase en tête depuis tôt ce matin.

Les histoires me sortent par les oreilles! J’avais vécu le même phénomène lors de la rédaction de Sous la toge, mais à un degré moindre. Dès que je me place en mode création, mon cerveau fait du 100 à l’heure et les idées se bousculent. Résultat: j’écris Derrière le rideau, tout en jetant les bases de deux autres romans. Fatiguant. J’ai l’impression d’avoir ouvert une valve à pleine capacité et j’ai peine à essorer le plancher. Ça déborde! Remarquez, je préfère ça – et de loin – à la panne sèche vécue récemment. Décidément, il n’y a jamais de juste milieu avec moi.

Ça commence toujours durant la nuit. Je me réveille avec un titre en tête et là, l’histoire se met à défiler. Les personnages arrivent, se présentent, viennent me raconter leurs histoires. Tout est déjà en place: le ton, le type de narration, l’intro. J’assiste à ce déploiement malgré moi. Je prends des notes. Sous la toge est né comme ça, une nuit d’hiver, en 2007. La nuit passée, c’est Dépecée qui a pris vie. Et la nuit d’avant, Dites seulement une connerie et je serai guérie. Dans les deux cas, rien à voir, ni dans le style, ni dans le ton, avec la trilogie que je suis en train d’écrire. Un peu schizo, la madame?

 ***

Un des grands bonheurs de la vie a toujours été, pour moi, de tomber en amour… avec une plume. Je ne me lasse pas de cet émerveillement qui me frappe lorsque, à l’orée d’un roman, je comprends que l’aventure me comblera de délices. J’ai vécu ce fabuleux moment grâce au premier roman de Geneviève Lefebvre, Je compte les morts. Une écriture rugueuse, onctueuse et évocatrice. Un style in your face qui sait faire l’équilibre entre le beau et le laid. Une force de frappe qui ne dédaigne pas la caresse. Un vrai talent d’écrivain. Du bonbon. Acidulé, oui, mais du bonbon!

 

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Libre, j’ai dit

 J’ai reçu ce commentaire, suite à mon billet précédent, intitulé Libre.

 Un pigiste libre ? où ça ? Le pigiste doit lécher bien des bottes s’il veut des contrats, non ?

Déconstruisons un mythe, ensemble, si vous le voulez bien. En fait, décâlissons-le, si vous le permettez. 

Lécher des bottes. Ou des culs, tant qu’à y être. Brown-nosing. Oui, les pigistes sont tous des putes qui se donnent au plus offrant. Of course! 

Le léchage de bottes (ou de culs) est un sport qui se pratique à deux, minimum. Ça prend un lécheux et une paire de bottes à lécher (ou un cul). J’ai vu des adeptes de ce sport dans des boîtes privées, dans de grandes organisations publiques. Je l’ai même vu érigé en système au sein même de certains syndicats. Et oui, j’ai vu des pigistes le pratiquer aussi. Rien à voir avec le statut. Question de personnalité, point à la ligne.  On aime lécher, ou pas.

Moi, j’aime pas.

Libre, j’ai dit. 

Libre

Salon du livre de Québec, avril 1999.

- T’es journaliste ?

- Oui.

-T’écris pour qui?

-Je suis pigiste.

-Faque, tu manges tes bas?

-Heu… Ben oui.

-Mais t’es libre!

-Oui!

 Ciao, Pierre Falardeau.

Et le miroir se brisa

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Je ne te connaissais pas. Je t’ai lue, en partie. Je t’ai comprise, en partie seulement. Mais je ne te connaissais pas.

Pourtant, ta mort m’a secouée.

Beauté désespérée.

Talent fou.

Je me demanderai toujours ce que tu voyais, toi, lorsque tu regardais dans le miroir.

R.I.P.

 

Questions/réponses

Je me suis prêtée au jeu de l’entrevue chez Québec Loisirs. Toujours embêtant de parler de soi, mais bon… Clin doeil

 

La vie, la Vie… ben oui (2)

J’avais prévu écrire sur la poésie de la vie devenue fragile. Après mon bref retour au palais de justice, l’autre jour, j’ai rendu visite à la belle-mère de ma soeur, la mère du parrain de ma fille, Madeleine, alias Tit-Boutte. Elle était hospitalisée et s’apprêtait à subir une quadruple angioplastie. À 80 ans passés, le pronostic n’était pas des plus optimistes. Et pourtant, Madeleine s’en tire bien et retournera probablement chez elle dans quelques jours. Ma courte visite m’a émue car, sachant qu’elle ne reviendrait peut-être pas, Madeleine prenait conscience de la beauté de la vie, de sa fragilité et de l’importance d’être entourée de ceux et celles qui nous aiment.

Aujourd’hui, je n’ai plus envie de parler de poésie. De vie fragile. De l’importance d’être entourée. Je suis enragée. Choquée. Trouver un sens à cette mort? No way. Je suis zéro ésotérique, zen ou philosophe face à la bêtise, la violence, le gaspillage, la cruauté. Je ne connaissais pas Renée Wathelet personnellement. Je l’ai découverte par l’entremise d’autres amis blogueurs et par un commentaire qu’elle avait gentiment laissé sur ce blogue. J’admirais sa liberté, sa plume, son talent de photographe et son amour des chats. J’aurais aimé, aussi, la rencontrer. Je n’ai qu’à lire les commentaires de mes amis FB pour constater à quel point elle était aimée.

Je déteste me faire rappeler que la vie ne tient à rien. Je le sais déjà, merci. Je ne veux pas penser aux derniers moments de quelqu’un qui n’a pas vu venir le coup du destin. Ça me fait pleurer à chaudes larmes et me donne envie de frapper dans les murs. Trop peu de temps. Trop de solitude.

Alors non. Pas zen du tout. Today, life is a fucking bitch. Désolée.

La vie, la Vie… ben oui.

Non, mon titre trompeur n’a rien à voir avec la sublime série de Stéphane Bourguignon. Encore que…

La vie. Ma vie. Vos vies. Depuis tôt ce matin (ou tard cette nuit, selon la position que l’on adopte), ce mot me trotte en tête. Accompagné d’adjectifs divers: longue, belle, sale, courte, volée, rêvée, ratée, de chien, de pacha. Life is a beach. Or a beach. Or both.

La vie, en trois temps. Sur trois jours.

Pour ce soir, la première partie…

Prise 1: Le flashback

8h45, Palais de justice de Québec. Convocation de Madame le (la?) Shérif oblige, je me pointe à titre de candidat juré pour un procès aux assises. Oui, je sais, pour une fille qui a voulu lâcher le droit, c’est assez ironique comme coup de boomrang. Je n’avais pas mis les pieds dans cet édifice depuis un peu moins de 20 ans. Rien n’a changé, à part le café du rez-de-chaussée qui s’est revampé. J’ai croisé certaines vieilles toges. D’autres nouvelles, mais si familières. Je me suis revue dans le pas pressé de la jeune avocate qui croulait sous le poids de sa mallette tout en tentant de réajuster son chignon.  J’ai souri en croisant le regard pétri d’importance des « constables spéciaux » qui sont rois et maîtres des lieux. J’ai franchement rigolé dans les toilettes où j’avais jadis paumé un bref de saisie dans la poubelle.

J’ai attrapé un café et suis sortie prendre l’air avant de me pointer à la salle 4.01. Sur les marches du palais, j’ai revu un ami qui, malgré une bonne vingtaine d’années de pratique sous la cravate, n’avait, à mes yeux, pas changé d’un poil. Et moi qui ai tendance à prendre mes jambes à mon cou dès que j’aperçois une éminent membre de mon ancienne confrérie, j’ai eu un sincère plaisir à discuter avec lui. Salut, Hughes!

L’espace de quelques heures, j’ai pensé à ce que ma vie aurait pu être. Des regrets? Non, pas vraiment. Une curiosité existentielle? Oui, un peu. Mais je sais que j’ai quitté l’endroit sans jeter un regard en arrière.

Et non, je n’ai pas été retenue comme jurée. Il faut dire que mon ex-conjoint était le juge désigné, ce qui a mis une touche finale plutôt hilarante à ce retour en arrière…

Demain…

Prise 2:  Une vie qui se fragilise recèle toute la poésie du monde…

L’Homme s’envoie en l’air… pour une bonne cause!

Je dois avouer que je n’ai pas ça en moi: gravir un sommet, pour ensuite le redescendre. Sais pas, il y a quelque chose là-dedans qui me déprime un peu. Mais j’admire le geste. Je trouve ça beau. C’est juste que mes passions sont ailleurs et que mon engagement social s’articule dans des axes moins verticaux.

Kilimandjaro. En janvier 2010, l’Homme entreprendra son ascension. Il est le genre de personne qui le ferait, par défi, pour le pur plaisir du dépassement de soi. (Un autre concept qui, dans mon cas, manque cruellement de connotations physiques…) Mais on ne décide pas nécessairement, un bon matin, de partir 15 jours en Afrique afin de se taper un des trekkings les plus exigeants au monde. Pas quand on a une grosse job, quatre enfants et pis une maison en pleine rénovation. Non, on le fait parce que quelque chose de plus grand nous botte le derrière. Ne serait-ce que parce que la remise en forme est en soi, assez costaude merci. Non pas que l’Homme soit un sédentaire fini et bedonnant. Ce serait plutôt le contraire. Mais à 44 ans, ça prend une mise à niveau, mettons.

La cause qui le branche: les personnes sinistrées qui se retrouvent à la rue. On ne se racontera pas d’histoire, ce sont majoritairement des femmes monoparentales qui se retrouvent dans cette situation. Oui, on le sait. Il faut s’assurer. Mais quand un maman doit choisir entre la becquée et la prime, ben, d’après vous, elle choisit quoi? Et oui, je sais qu’il y a des gens irresponsables. Ben oui. Mais ne me dites surtout pas que leurs enfants doivent payer pour ça, dac?

Donc l’Homme fera son ascension au profit de la Fondation GUS. GUS, c’est Groupe Urgence Sinistre. Ce sont eux qui, un peu partout au Québec, sont sur le terrain lors d’incendie, d’inondation et autres tuiles. Chaque année, la compagnie donnent plus de 60K à des familles qui ont tout perdu. Je trouve ça bien. Et l’Homme aussi.

Alors, si ça vous branche, que ça vous parle et que ça vous tente, vous pouvez donner un p’tit coup de pouce en allant à cette adresse.

Moi, je suis ben ben fière…:-)))

 




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