Archive mensuelle de avril 2009

Les aléas de l’informatique ou la dépendance au net

Schnoutte de shnoutte que je suis à bout! Les deux Macs de la maison font des siennes et j’en suis réduite à squatter les cafés Internet. Pas jojo. C’est fou comme on se sent nue et désemparée sans sa dose quotidienne de virtuel.

 Je serai donc brève. Juste vous dire que je file de ce pas chez le réparateur « Maytag »de Mac pour qu’il m’explique what is wrong with my baby.

En attendant, j’ajoute l’intéressant papier de Jade Bérubé dans le cahier Lectures de La Presse de dimanche passé. Articulé et bien foutu. J’aime.

Kiss, kiss.

http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/romans-quebecois/200904/26/01-850425-sous-la-toge-rejouissant.php

SLQ(2): You’re so vane

Chose promise, chose due… Bande de curieux, va!

La scène se déroule au kiosque des éditions Librex, version Stanké, plus particulièrement sous l’affiche d’une nouvelle auteure (bibi) qui vit sa première séance de signature. Sous l’affiche où l’on retrouve son visage en gros plan (avec un truc dans le front qui ressemble à la cicatrice de Harry Potter!), elle reçoit, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, ses lecteurs. Il y a même une petite file d’attente. Elle n’en revient pas.

À ma gauche, j’aperçois un homme qui m’observe intensément. Je lui souris tout en continuant de discuter avec la charmante dame qui est venu exprès pour faire dédicacer un exemplaire de Sous la toge pour sa nièce. Du coin de l’oeil, je me rends compte que l’homme traîne toujours là. Il fait mine de partir, change d’idée et fonce droit vers moi. Il a un petit début de la cinquantaine et porte un habit manifestement coûteux. Son visage m’est vaguement familier, sans plus. Il est maintenant en train de feuilleter Sous la toge d’un air distrait. Je lui souris de nouveau parce que, coudonc, je suis là pour ça après tout. Il prend ça comme une invitation à discuter.

Bonjour mademoiselle, dit-il dans un français lourd d’un accent anglais à couper au couteau.

Premièrement, ça fait un bail qu’on ne me sert plus du mademoiselle. Et puis, je suis déjà engagée dans une discussion. Mais il s’en fiche. Et poursuit.

Vous êtes écrivaine?
(Noooon, je vends des hot-dogs. Relish-moutarde?)
Oui. C’est mon premier roman.

La dame est partie. Une autre s’avance mais hésite un peu car l’homme prend de la place.

Je suis XXX, fait-il avec un air suffisant.

J’imagine que là, je suis supposée m’extasier, me pâmer et être émue qu’il se soit arrêté à mon kiosque. C’est ce qu’il semble attendre en tout cas. Le hic, c’est que le nom me dit quelque chose mais que mon cerveau refuse obstinément de me donner la clé. Je sais par contre que je ne l’ai jamais lu.

Vous êtes du Québec? Moi, je passe ma vie entre Paris et New York.
(Moi, je passe ma vie entre Saint-Nicolas et Québec. Groovy, non?)

Oui, je suis de la région.

Je reporte mon attention vers la patiente dame devant moi et entreprends de dédicacer son exemplaire.

J’ai une table ronde dans quelques minutes. Je déteste les tables rondes. C’est tellement insignifiant. Mais que voulez-vous…, lance-t-il en soupirant du genre c’est la rançon de la gloire.

Là, il devient carrément impoli. Coupe la parole à ma lectrice. La bouscule presque pour attirer mon attention. Aille, espèce de schnock, dégage!

Au lieu de comprendre ce que mon regard lui explique assez clairement je crois (ça, c’est le regard numéro 12, celui qui fait bouillir l’eau à distance), il persiste.

Je te prends après ma table ronde?

Quoi? Son accent est tellement confondant que je ne suis pas certaine d’avoir bien compris. Je ne réponds pas.

Croyant probablement que je suis attardée, il répète tout en mimant sa pensée. Toi. Moi. Partir ensemble. C’est juste s’il ne fait pas le symbole universel du gros colon, le tchiquetchique avec clin d’oeil.

Petite note au passage: il a remis mon bouquin en place et ne m’a jamais demandé de quoi il en retournait.

Je lui fais le coup du pistolet invisible. Il est fier. Il bombe le torse et s’en va. Enfin.

C’est qui ce monsieur?, me demande la dame.
Vous avez lu mon roman?
Oui.

Vous vous souvenez de Me Tremblay, le zouf qui croit qu’on ne peut rien lui refuser?
Ben oui.
Bingo!

Comme la vie est bien faite, l’écrivain jet-set est revenu au moment même où mon chéri se pointait. Me suis empressée de lui prendre la main et de lui plaquer un gros bec mouilleux sur la bouche. La « vedette » est repartie avec la pile de ses oeuvres qu’il devait avoir apportée afin de me démontrer sa splendeur. Très impoliment, je lui ai tiré la langue.

Écrivain « préféré des français »: 0
Auteure « de la relève »: 1
Chéri: 10

SLQ (1): j’aime mon public et mon public m’aime

Je vous entends penser.
Coudonc, disparue dans un continuum espace-temps l’écrivaine?
Mais non.
C’est juste que mon portable fait des siennes et que j’utilise l’ordi de l’Homme. Il est bien son I Mac trucmachin mais je ne m’y sens pas chez moi. Ridicule hein? I miss my MacBook… Snif.

Petites nouvelles du Salon du livre. J’ai ADORÉ l’expérience. J’ai eu un choc, le vendredi soir, lorsque je me suis présentée au kiosque de Stanké et que j’ai aperçu mon visage en gros plan sur une affiche. Et des gens qui m’étaient parfaitement inconnus m’attendaient, moi, avec mon bouquin en main! Je sais que c’est le but d’un tel événement, mais bon. Je garderai précieusement en mémoire les moments passés là-bas, les confidences des lecteurs, les anecdotes et les louanges.

Merci à ceux et celles qui sont venus me voir. Du fond du coeur.

P.S. Je sais, le caractère est trop petit. Je vais tenter de remédier à la chose sous peu…

Le premier rendez-vous

J’ai des papillons qui virevoltent dans l’estomac. J’anticipe le plaisir mais je le crains tout autant. Serai-je à la hauteur? Et lui, me plaira-t-il? Ce premier rendez-vous, je l’ai si souvent imaginé que je pourrais vous le narrer dans les moindres détails et dans toutes ses versions, sous-titrées ou pas.

**Gros soupir**

Bien entendu, vous me connaissez un peu maintenant. Vous devinez que je me pose de grandes questions existentielles comme : le cheveu, attaché ou pas? Le legging ou la tite-jupe? L’oeil ténébreux ou le naturel étudié? Mais ce dont vous vous ne doutez peut-être pas, c’est que je suis une grande timide moi! Oui, oui, je vous le jure! Ça ne saute peut-être pas aux yeux mais j’aurais plutôt tendance à vouloir me confondre avec la tapisserie dans un lieu public. Comme je suis une « fabuleuse actrice », ça ne paraît pas. C’est ça mon truc. Je me la joue en fonction des circonstances. Je puise dans mon coffre à personnages.

Mais là, c’est du sérieux. Une première fois, ça ne s’oublie pas. Je veux qu’il me découvre et qu’il m’aime pour ce que je suis. Après tout, il me connaît déjà. Il a exploré mon intimité. Il s’est probablement déjà fait une idée. Je ne veux pas le décevoir.

Et s’il n’était pas au rendez-vous?

**Méga soupir**

Ben non. Il viendra. On m’a juré qu’il existait bel et bien. Mon lectorat.

À vendredi, 19h à 20h30. Et dimanche, 12h à 13h30.

 

Le rêve n’a pas d’âge

Elle m’a tout simplement bouleversée. I’m a sucker for that kind of story. À 47 ans, toujours vierge and never been kissed.

DOUBLE-CLIQUEZ et ça fonctionne (merci BaXt).

Image de prévisualisation YouTube

Monique et Virginia

Je ne suis pas une de ses fans. Ni une de ses détractrices. Je dirais que je suis assez neutre à son sujet. Non pas que la chose politique m’indiffère. Je dirais plutôt qu’elle me décourage. Mais je concède à Monique Jérôme-Forget au moins deux trucs: elle s’est battue pour l’équité salariale et a servi de gilet pare-balles à Charest. Mais là n’est pas mon propos. Ce qui m’a interpellée dans cet article du Soleil, c’est l’éternelle question de la culpabilité dite féminine. 

«Quoi qu’elles fassent, les femmes vont se sentir coupables. Qu’elles soient présentes ou absentes, elles vont se sentir coupables! Ça fait partie du gène féminin. Mais il faut l’ignorer!», a-t-elle dit au moment de quitter la vie politique. Je voudrais tellement être en désaccord.  J’aimerais affirmer que non, la culpabilité, on peut s’en affranchir. Mais je ne peux pas. Peut-être n’aie-je pas assez tâté de la méditation, de la thérapie ou de lectures féministes pures et dures, mais moi, elle me colle à la peau cette foutue culpabilité. C’est mon noeud gordien. Et je suis incapable de le trancher…

La question n’est pas de savoir si le monstre émerge des gènes ou de l’éducation. J’aimerais juste pouvoir l’occire une fois pour toute! Petit exemple d’une journée où je me consacre à l’écriture:

 Sous la toge, page 45.

« Ça ne faisait peut-être pas tic-tac, mais le caractère explosif de la chose ne m’avait pas échappé. (Merde, j’ai oublié de dégeler les poulets pour le souper). Cet ange aux ailes brisées, c’était lui, mais c’était surtout moi. (Est-ce que j’ai confirmé la présence d’Alex à la fête d’Oriane?) Mon petit moi amoché, flétri, rempli de peurs, de doutes, de peines. (Schnoutte, encore un message de l’école me disant que Jérémy a une retenue demain). Ce moi qui se défaisait comme un tricot dont on a tiré un fil. Petit, le fil. Anodin. (Il fait un soleil de plomb et j’ai oublié le chapeau de la petite) On tire dessus juste pour voir, et c’est tout le travail qui se défait. Tellement plus vite que le temps qu’on a mis pour le tricoter. (Shit! J’ai encore oublié une bordée dans la sécheuse) Peut-on se déconstruire aussi rapidement? Oui. À force de non-dits, de croyances perverses, d’atteintes à l’intégrité physique et psychologique, de roussettes française et de mauvais café. (Bon, il est 16h, faut que je file chercher les enfants). »

Édifiant, non?

Il y a quelques semaines, Geneviève a rappelé à mon souvenir Une chambre à soi, de Virginia Woolf. La douleur mes amis, j’vous raconte pas! L’essai pamphlétaire de cette sublime écrivaine a beau avoir été écrit en 1929, la pertinence de son propose et la déchirante acuité du constat frappent encore autant aujourd’hui. Je me permets de citer Geneviève: (…) qui dit encore avec une criante et cruelle modernité que pour écrire, une femme a besoin de son indépendance financière et d’un lieu qui n’appartient qu’à elle. Ça me désespère de le dire, mais écrire quelque chose qui demande un tant soit peu de souffle et élever des enfants sont des activités incompatibles. En tout cas pour moi.

Woolf suggérait une chambre qu’on peut fermer à clé afin de pouvoir écrire sans être dérangée par sa famille… J’ai fait le test. Constat: j’ai beau m’enfermer à double tour, la petite voix grinçante qui a élue domicile dans ma tête le jour où j’ai accouché de mon premier enfant me suit partout. 

 

 

 

 

Mon ado est Sous la toge!

Ça me fait tout drôle. Il aura 14 ans cet été, mais à mes yeux de maman semi-poule, il demeure le petit Pote qui se glissait sous mes couvertures en chuchotant Maman, ze t’aime. Alors de le voir lire mon roman, ça me fout à la fois un coup de vieux et un coup de fierté. D’autant plus que le jeune homme n’est pas un lecteur… disons… naturel. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé! J’ai tout fait ce que conseillaient les bouquins du genre Inculquez à votre enfant l’amour de la lecture. Les livres jouets dans la couchette, les histoires avant chaque dodo, l’écriture à 4 mains d’une historiette, etc. Name it, I did it!

Peu importe. Ces jours-ci, il lit Sous la toge. Il aime ça. Et moi, je ne peux plus ignorer l’ombre qui se dessine au-dessus de sa lèvre supérieure, ni le fait qu’il me dépasse presque en grandeur et que, désormais, nos légendaires combats de lutte mettent en présence des forces égales. Je sens que bientôt, je serai au tapis…;-)

Impunité

Je ne suis pas la seule à avoir été élevée ainsi. Tu fais du mal, tu vas payer. Le mantra est inscrit tellement profondément qu’il devient mode de vie. Conditionnement. Judéo-chrétien au max, le mantra se fait projection. Et la résultante suit. Inévitablement. Les méchants meurent. Lyne-la-pas-fine aussi. La logique est respectée.

Et pourtant.

Dans Crimes and misdemeanors, Woody Allen brosse un  portrait juteux de la chose coupable.  L’instant « magique » où Martin Landau se rend compte que, non, il ne paiera pas le prix de son crime, est un pur bijou. Le regard. L’étonnement. Le soulagement. Je peux être un fond de poubelle et la vie va continuer d’être bonne pour moi! Priceless. Pour le reste, je suis certaine que Master Card fait la job. Platine, de préférence. 

Alors on se rabat sur le karma. Ah! Il a le dos large le karma. Ben non, je ne ferai rien. Son karma va le rattraper! Y’a-t-il quelqu’un qui peut me faire la démonstration, là, ce soir, du potentiel du karma? Je veux croire. Je suis une bonne petite fille bien élevée. Mais ça ne serait pas l’équivalent de Le paradis appartient aux pauves! et de On est nés pour un petit pain!

Sais pas. Sais plus.
 

La nausée

J’ai mal ce matin. Tellement. Comme femme, comme mère, comme enfant.

Deux autres. Innocentes. Victimes. 

Je ne veux même plus essayer de comprendre. Je ne veux pas entendre les psy m’expliquer les circonstances. Lâchement, je veux boucher mes oreilles, fermer mes yeux et me faire croire que jamais un parent ne peut faire mal à son enfant. Évacuer ces images de ma tête. Ne pas visualiser leur dernier regard posé sur celle ou celui qui leur a donné la vie.

Il y a des jours comme ça où j’ai juste envie de garder mes enfants près de moi, de barrer les portes, de fermer la radio et la télé. De les prendre contre moi pour ne plus jamais les lâcher lousses dans ce monde de fous. 

 

 




Les voyages du Lion Hupmann |
yadieuquirapplique |
puzzle d'une vie |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Post scriptum
| Partager des mots
| catherinerobert68