Archive mensuelle de mars 2009

Retrouvailles

Je me suis ennuyée, je l’avoue. Parler d’elle, c’est moins plaisant que de vivre à ses côtés. Elle a de gros défauts et de merveilleuses qualités. Je l’aime. And she’s back!

Je sens qu’elle va reprendre sa part de contrôle sur ma vie. Et c’est ben correct avec moi. Elle a cette faculté de me déposséder de moi-même. Caro, je te tends la plume.

Ceci n’est pas un billet…

C’est seulement un feeling de samedi soir, intense, inspiré par une certaine blonde (non, je ne suis pas obsédée par elle, c’est juste que, coudonc,  I think we are, somehow, on the same pace, so…)

Inoubliable Cat:

Well, if you want to sing out, sing out
And if you want to be free, be free
‘Cause there’s a million things to be
You know that there are

And if you want to live high, live high
And if you want to live low, live low
‘Cause there’s a million ways to go
You know that there are

Chorus:
You can do what you want
The opportunity’s on
And if you find a new way
You can do it today
You can make it all true
And you can make it undo
you see ah ah ah
its easy ah ah ah
You only need to know

Well if you want to say yes, say yes
And if you want to say no, say no
‘Cause there’s a million ways to go
You know that there are

And if you want to be me, be me
And if you want to be you, be you
‘Cause there’s a million things to do
You know that there are

Chorus

Well, if you want to sing out, sing out
And if you want to be free, be free
‘Cause there’s a million things to be
You know that there are
You know that there are
You know that there are
You know that there are
You know that there are

Je suis une fabuleuse actrice

Je sens que ce billet va partir dans tous les sens… Pas grave, vais l’écrire quand même. Je ne suis pas à un délire près!

Je me suis (encore) réveillée au beau milieu de la nuit, après avoir fait un rêve où j’étais redevenue la petite fille de 7 ans qui se déguisait pour aller à l’école. Voyez-vous, j’ai toujours adoré raconter des histoires. À l’école primaire, je cachais de gros bijoux dans mes poches de manteau et je m’en parais une fois rendue dans sous le préau. J’expliquais le plus sérieusement du monde à mes petits camarades que j’étais une princesse en exil et que je ne pouvais pas retourner dans mon pays en raison d’une guerre civile. Je n’ai jamais compris pourquoi mes professeurs ne m’avaient pas dénoncée à mes parents. J’imagine qu’aujourd’hui, la direction de l’école aurait recommander le Ritalin…

Près de chez moi, il y avait une butte qui me servait de scène. J’enfilais une longue robe de chambre rose nanane et j’y déclamais des tirades d’amour enflammées. J’allais même jusqu’à verser d’énormes sanglots à l’occasion. Les gens passaient, s’attardaient parfois, puis poursuivaient leur route. Personne n’a jamais envoyé la DPJ. Faut dire que c’étaient les années 70′, les enfants pouvaient délirer en paix.

Vous dire le nombre de fois où j’ai accepté l’Oscar de la meilleure actrice devant le miroir de ma chambre! Merryl Streep peut aller se rhabiller avec ses quinze nominations, le manteau de ma cheminée imaginaire croulait sous les trophées.

J’ai été Bette dans Ève et dans What Ever Happened to Baby Jane?, Elizabeth dans Who’s afraid of Virginia Woolf?, Faye dans The Arrangement, Greta dans Camille et Joan dans Mildred Pierce. Plus tard, je me suis substituée à Isabelle et Isabella, dans L’Été meurtrier et dans Blue Velvet. Mais je ne me suis jamais imaginée dans les souliers de Judy ou sous le tablier de Julie. Faut croire que je choisis mes rôles du côté sombre.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Sais pas. Mais la nuit passée, aux alentours de 5h, j’en suis venue à la conclusion que j’étais une fabuleuse actrice. Mais il n’y a que moi qui est au courant… ;-)

Les petites annonces

Jeune auteure prometteuse (pas en âge mais en terme de carrière) cherche mécène afin de donner le coup de pouce proverbial dont elle a $%?&?&%$ besoin.

En retour de votre de incroyable et ô combien vitale contribution à l’avancement des projets de l’auteure, celle-ci s’engage à déborder de reconnaissance. Cette reconnaissance pourra s’exprimer de diverses façon, selon vos préférences.

Elle pourrait, par exemple, garder vos enfants. Ça la changerait des siens. Elle pourrait également promener votre chien. Les bêtes l’adorent alors elle serait même en mesure de faire un massage à votre poodle. Votre vieille maman s’ennuie et aimerait qu’on lui fasse la lecture? L’auteure pétrie de reconnaissance est là pour ça!

L’auteure s’engage également à mentionner avec chaleur votre nom dans la page des remerciements de son prochain roman. Vous verrez, ça fait un bel effet. Elle peut aussi vous dire à quel point vous êtes beau ou belle. Elle peut tout autant sourire, chanter ou danser le merengue avec grâce et rafinement.

Sont exclus des possibilités de reconnaissance, pour des raisons d’ordre public et de maintien de la morale, tout contact autre qu’une poignée de main bien sentie. Un colleux peut être négocié en fonction des circonstances ad hoc. La bise sur la joue est toutefois permise et même encouragée.

Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à communiquer avec l’auteure qui se fera un plaisir de vous répondre.

Mon blogue est un amant jaloux

Lundi matin, 5h.

- Hey! Ça fait trois jours. Je commence à être en manque moi!

- Merde! T’as-vu l’heure? Peux-tu me laisser dormir s.v.p?

- Non, j’ai une idée de billet. Allez, ouvre l’ordi!

- Un instant, on se calme le pompon ici! Est-ce que je dois te rappeler que tu n’es pas ma priorité no 1? Il me semble que, dès le départ, j’ai mis cartes sur table avec toi. Je te fréquente quand je veux, si j’ai le temps. That’s it, that’s all.

- Mais notre relation a évoluée depuis quelques semaines, non? J’ai senti qu’il se passait quelque chose et ne viens pas me dire que tu ne l’as pas ressenti toi aussi…

- Je me suis attachée, c’est vrai. Mais, attention, je ne t’ai jamais rien promis. Tu sais très bien qu’au départ, cette aventure ne me disait rien qui vaille et que j’étais déjà très engagée ailleurs.

- C’est ça, tu vas encore me parler de lui!  Qu’est-ce qu’il a de plus que moi?

- Primo, il était dans ma vie bien avant toi. On a une histoire. Un passé. Et un futur, ne t’en déplaise.

- Pffffff! Un futur? Mon oeil! Tu sais comme moi que l’avenir passe par moi. Je suis moderne, flexible, écologique. J’ai des avantages qu’il ne pourra jamais t’offrir.

- T’exagères.  Je trouve que vous êtes complémentaires. Et je ne renoncerai jamais à lui. D’ailleurs, dans les prochaines semaines, j’ai bien l’intention de passer le plus clair de mon temps en sa compagnie. Tu es mieux de t’y faire.

- Tu ne pourras pas rester loin de moi longtemps. Je te connais. Tu es devenue accro.

- Sache que je gère mes dépendances  avec maestria. Je m’arrange pour ne pas les affamer et je fais la rotation. Comme les pintes de lait à l’épicerie.

- Il va t’épuiser et te mettre en rogne. Il est trop exigeant. Combien de mots encore?

- Environ 50 000. Puis l’équivalent quelques mois plus tard…

- Je ne te demande pas autant d’efforts moi. Tu reviendras me voir pour une p’tite vite de temps en temps?

- Ben oui, t’en fais pas. Tu me laisse me rendormir?

- Ouais. Tu sais que je suis là. Si t’as besoin de te défouler. Ou juste de dire des niaiseries.

Voilà, je ne m’endors plus. Vais aller jaser avec la Folle du logis.

Petit matin de printemps à Québec

Ping: Maman, c’est quand le printemps? M’en souviens plus…

Moi: C’est aujourd’hui ! C’est le fun hein?

La princesse s’en va jeter un oeil à la fenêtre qui donne sur la cour. Puis, un autre sur celle avec vue sur la rue.

Ping: Maman, est-ce que tu es encore beaucoup malade?

Moi: Ça va mieux ma chouette. Maman prend ses médicaments et ça commence à faire effet ( non mais %&%?$#%$, c’est ben long se débarrasser d’un streptotrucmuche logé dans la gorge, dans l’oreille et dans la yeule en général…).

Ping: C’est parce que… c’est pas le printemps maman. Je pense que tes yeux sont pas corrects.

Moi: Mes yeux sont à peu près la seule chose qui ne me fait pas mal ma puce! Tu dis ça à cause de la neige?

Cour arrière: de 5 à 2 pieds de neige. Terrain avant: idem. Entrée: tits bouttes d’asphalte.

Ping:  Ben c’est ça. C’est pas le printemps. Je peux pas mettre ma robe de printemps!

Moi: Tu peux la mettre, mais dans la maison seulement.

Ping: Pis mes souliers qui vont avec?

Moi: Dans la maison.

Ping: C’est vraiment décevant…

Moi: Oh! J’aime ça quand tu utilises des nouveaux mots ma chouette! C’est mieux que dégueu!

Ping: Non, c’est ça que je voulais dire. Le printemps, c’est dégeu. Pis quand t’es malade, c’est pire. Peut-être que le printemps ne veut pas venir parce qu’il a peur d’attraper ta maladie?

Et voilà! Blame the mother, of course. Rien de nouveau sous le soleil glacial de ce premier jour de printemps à la con.

Moi: Sûrement. Et tu sais, le trou dans la Caisse de dépôt du Québec, c’est aussi maman! Le réchauffement de la planète, l’extinction des dinosaures, la réélection de Jean Charest pis le World Trade Center, c’est moi, moi, moi!

Ping:  C’est qui Jean Charest?

Moi: Un dinosaure frisé qui voit pas les trous.

Juste une p’tite nuit

Je sors des brumes (cortisone + dérivé de morphine) quelques minutes pour écrire ce mot…

Juillet 1998. Dernière soirée du Festival d’été à Québec. Petite fête arrosée pour les artisans et les collaborateurs.

Il est là, bibitte qui jure un peu dans le portrait, lunettes sur la tête et kit de cycliste blanc et noir, comme en perpétuelle représentation.

Assis près d’une pouffe qui n’arrête pas de lui mettre la main sur le genou, il semble mal à l’aise. Elle lui chuchote à l’oreille. Il me jette un regard suppliant et complice : Sors-moé de là! Je lui souris, me dirige vers le bar et reviens avec deux verres de vin rouge.

- Tiens, voilà ton verre, dis-je en m’asseyant à sa gauche. Désolée si ça a été long, j’ai rencontré une vieille connaissance en route.

La plantureuse blonde me lance un regard mauvais. Il prend son verre, le boit d’un trait. J’aurais préféré une bière…

Ben là mon homme, t’es pas gêné! Déjà qu’on ne se connaît pas et que je te sauve les fesses en te payant un verre…

- Viens, dit-il en prenant ma main et en m’entraînant vers l’escalier de la sortie. Je le suis, amusée. De toute façon, j’allais partir.

Une fois éloignés de la foule, il s’arrête et se tourne face à moi. Il tient toujours ma main. Allô, moi c’est André. Et toi?

Je lui répond. On s’assoit sur un banc. Pas un brin de vent, des milliers d’étoiles. La nuit est vachement belle. Il se penche vers moi pour m’embrasser. Heu…non.. je ne crois pas, non. Il a l’air surpris.

-Tu veux continuer à marcher?, dit-il. Oui, ça je veux bien.

Nous sommes montés sur la porte Saint-Louis. Tu sais pourquoi je t’ai remarquée? Non. Ta robe, elle me fait penser au film Bonheur d’occasion. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me touche. Je me sens bien ici avec toi.

Là, il a l’air d’un petit garçon. Exit la bête de scène.

On a parlé beaucoup. On s’est tus tout autant. Il a posé sa tête sur mes genoux et m’a demandé de lui caresser les cheveux. J’ai vu ses failles. Il a perçu mes cicatrices. Et c’est lorsqu’il racontait ses blessures les plus laides que sa poésie se révélait la plus belle.

Au lever du soleil, je l’ai quitté. La lumière du jour était trop crue. Il n’y a que la nuit qui puisse susciter les confidences des inconnus.

Quelques temps plus tard, lorsque j’ai écouté Dehors novembre, j’ai su qu’il nous quitterait bientôt. J’ai pensé lui envoyer un mot d’adieu. J’ai attendu trop longtemps. 

Sur ce, je replonge à travers mes brumes.

 

 

Bloguemania ou le festival du link

- Minou, veux-tu bien me dire qu’est-ce qui se passe avec ton blogue?, dit l’Homme, les yeux rivés sur l’écran de son portable, le sourcil gauche relevé (signe indubitable de questionnement intérieur intense).

- Quoi, il y a un bug?, répond Fifille, tout en continuant à couper les tomates avec un maudit couteau qui coupe pas.

- Non, je ne pense pas. Mais le nombre de visites a quadruplé aujourd’hui. Peut-être qu’il y a un bug finalement…

- C’est pas un bug, c’est Geneviève Lefebvre!

-Qui? Ah oui, je sais, c’est la fille qu’on a vu à TLMEP dimanche dernier! Mais c’est quoi le rapport avec ton blogue?

Le sourcil gauche, s’il le pouvait, atteindrait des sommets de perplexité.

-Ben non, elle, c’est Caroline Allard, aka Mère indigne. Encore que je soupçonne Geneviève d’être un tantinet indigne elle aussi… (pause, images mentales, équations, ouais, je pense que je ne me plante pas trop en disant ça) Toujours est-il que Chroniques Blondes m’a mise dans son blogroll et que, selon Michelle Blanc et bien d’autres, elle est dans le top 10 des blogues les plus influents au Québec, alors bonjour l’explosion de la visite sur le mien.

- Minute là, je ne te suis plus. Geneviève Lefebvre et Chroniques indignes, c’est la même chose? Pis, Michelle Blanc, c’est qui elle? Ça me dit quelque chose…

- CHRONIQUES BLONDES, pas indignes! Coudonc, m’écoutes-tu quand je te parle? Ça fait un mois que je blogue et que je te parle des blogues que je lis! Et Michelle Blanc, c’est la top gourou du marketing web. On l’a vue à TLMEP il y a quelques temps.

Silence. J’ai prononcé les paroles magiques. Le Sésame ouvre-toi de la psyché de l’Homme. Le Abracadabra qui permet d’avoir son attention à 110%. Marketing web… À l’époque où la majorité des internautes se complaisait dans le web 1.0, l’Homme se projetait déjà avec délices dans le 2.0, minimum. Me souviens de ses tirades visionnaires sur le sujet. Tirades que j’écoutais, je l’avoue, d’une oreille un peu distraite. Je captais des mots ici et là: référencement, positionnement, interaction, blablabla.

- Oui, Michelle Blanc, ça me revient! Mais c’est pas un mec?

- Non, c’est une femme. Née dans un corps d’homme. Tu devrais aller sur son site Femme 2.0 pour suivre l’évolution de sa transformation. Fascinant, touchant et hautement instructif.

- Heu…bon… peut-être, on verra.

Raclement de gorge (signe indubitable de peut-on changer de sujet).

- Ce qui est cool, c’est que tout ça m’a fait découvrir un autre blogue: La vie en rousse. Elle est venue sur mon site et a aimé la citation de Bobin que j’avais mise dans mon billet du 8 mars.

- Rousse, Blonde, t’aurais peut-être dû appeler ton blogue Sous la Brune?, se bidonne l’Homme.

- Franchement. T’imagines le nombre de pervers pépères qui y seraient débarqués pleins d’espoir? Déjà que l’autre jour, avec les mots fétichiste et mamie, j’ai vu des trucs dans mes référants que j’aurais préféré ne jamais lire…

- Tu l’as remerciée Geneviève Blonde?

- Ben oui, je suis polie et fine. Comme j’ai remercié Nadia pour son clin d’oeil l’autre jour…

-Nadia? Ah oui! La fille avec qui tu as fait ton secondaire!

-Non, elle, c’est Martine Pagé, la scénariste. Nadia, c’est celle qui écrivait au Voir en même temps que moi. Elle, arts visuels, moi, théâtre.

- T’étais pas chroniqueuse littéraire chez Voir?

- Non! S’il te plaît, peux-tu aiguiser ces foutus couteaux avant que je les pitche au bout de mes bras! C’est pas des dés de tomates que je suis en train de faire, c’est de la purée-schnoutte…

- Oui, oui. Et dire que tu ne voulais même pas avoir de blogue!

- C’est Audrey qui m’a inspiré…

- Ne me dis rien, je sais, c’est l’auteure qui vient de lancer son premier roman et qui était au lancement du tien, dit l’Homme, tout fier. Fascinant à quel point tu écoutes plus les conseils des autres que les miens…

Homme 1. Fifille 0. Blogues 8.

Le prix de la création

Je n’arrête pas de penser à André Forcier depuis son passage à TLMEP. En fait, j’y pensais déjà pas mal depuis le billet de Chroniques Blondes à son sujet. Qu’on aime ou pas le bonhomme (perso, jamais rencontré, alors, no opinion), on ne peut rester de glace devant le créateur: brillant, unique, passionné et d’une authenticité propre à rabattre le caquet de bien des m’as-tu-vu-comment-je-suis-hot. Comment un gars qui a façonné tout un pan du cinéma québécois avec son imaginaire efficace et débridé peut se retrouver dans une situation où se faire traiter chez le dentiste est exclu? Cibole…Il y a toujours bien des limites à sucer le sang des créateurs? On dirait bien que non…

Pourquoi un peintre peint? Pourquoi un cinéaste tourne? Pourquoi une danseuse danse? Pourquoi une écrivaine écrit? Parce que se résoudre à vivre en dehors de soi tue à petit feu. Parce qu’accepter de renier sa fibre première nous réduit à se trahir. Et qu’il n’y a pas pire trahison qu’envers soi-même. Pourtant, ce n’est pas les tentations et les incitatifs qui manquent. De la grosse job enjolivée d’avantages sociaux (dont les soins dentaires…) jusqu’au regard méprisant de la madame au comptoir de la banque quand on dépose un mini chèque gagné à l’arraché, en passant par « t’as pas lu les statistiques sur le pourcentage d’écrivain qui vivent de leur plume au Québec? », tout est en place pour qu’un matin de déprime ou de mauvaise grippe, on lâche tout.

Je dis FUCK! À 20 ans, j’ai été assez tarte pour me laissée enduire de cette couche visqueuse et puante appelé peur. Ça m’a pris du temps à nettoyer mon désir. On ne me la fera plus. S’il faut que je bosse dans un MacDo, de nuit, pour continuer à écrire et à créer, ben coudonc, voulez-vous un chausson avec ça!

De retour à de joyeux babillages dans un prochain billet.

Les mauvaises mères

Cet extrait de La plus que vive, de Christian Bobin, me trotte en tête depuis ce matin. Je le partage donc avec vous…

Tu es une mère parfaite, et je précise: une mère parfaite est celle qui, comme toi, donne son amour sans compter, sans attendre qu’on lui rende la monnaie, et surtout elle ne vit pas que pour ses enfants, elle vit ailleurs aussi, elle vit d’autres amours, elle est pleinement là dans chaque geste ou chaque mot, allô mon doudou, et elle est immédiatement ailleurs, ou si l’on veut, les meilleures mères sont ce que le monde appelle les mauvaises mères, celles qui ne pensent pas qu’à leurs enfants, ou si l’on veut encore, les meilleures mères sont celles qui n’oublient pas d’être aussi, avec autant d’intensité, femmes, amantes, enfants, je ne sais comment expliquer l’évidence, ce que sont les meilleures mères, une seule phrase peut le dire et elle convient pour le tout de ta vie comme pour le bloc de ta mort: elles se donnent et s’en vont.

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