Sacrifiés

Je ne suis pas sociologue, ni psychologue, ni rien d’autre qui se termine en « ogue ». Les propos qui suivent ne sont que le reflet d’une douleur profonde. Celle d’une maman bien ordinaire. Une maman qui ne supporte plus les morts d’enfants à répétition. Ici. Et ailleurs…

Je me souviens du sentiment puissant qui m’a scié les jambes quand j’ai mis au monde mon premier bébé, aujourd’hui âgé de 17 ans et en train de se remettre de sa soirée d’hier au Festival d’été. Une bouffée d’amour jamais connue avant, des sanglots incontrôlables devant ce miracle et la certitude que plus jamais je ne dormirais en paix. Je venais de comprendre que ma petite personne venait de prendre le deuxième rang. Rien ne serait jamais plus important que la sécurité, le bon développement et le bonheur de ce petit être gigotant qui prenait mon sein avec appétit. Ma fille est née quelques années plus tard et le miracle s’est produit de nouveau. Mon coeur, désormais plus gros que jamais, vivait en grande partie à l’extérieur de mon corps.

Chaque erreur que j’ai commise comme parent m’a plongée dans un abîme de culpabilité sans nom. Une impatience, une incompréhension, un choix par après regretté. Il n’y a pas de recette, c’est vrai. Mais j’ai vu ma chatte accoucher des ses 4 petits et savoir EXACTEMENT quoi faire à chaque étape du développement de ses petits. Propreté, nourriture, base de chasse, etc. Pourquoi sommes-nous si démunis devant nos rejetons?

Il y a l’extrême « parenting », qui cultive des bombes à retardement élevées sous globe. Et il y a le non « parenting », qui fait passer tous les besoins et les travers d’adultes avant l’intérêt des enfants. Et tous les tons de gris entre les deux… J’évite de juger. Mais je le fais quand même. Je ne comprendrai jamais pourquoi tant de bébés se sont noyés cette année. Non. Je suis une mère imparfaite mais je n’aurais jamais laissé un piège ouvert dans ma cour.

Comprenez-moi bien… Je sais que des accidents d’une absurdité sans nom se produisent régulièrement. Je suis bien placée pour le savoir. Je connais des parents merveilleux qui ont vu leur enfant s’enlever la vie, sans jamais vraiment comprendre pourquoi. Ou des enfants fauchés en quelques secondes dans un accident bête.

Mais quelque part, entre les enfants-otages d’une relation perdue, les enfants qui comptent pour des prunes, les enfants qu’on protège moins que nos arbustes à l’automne, il doit exister un équilibre. Un équilibre auquel tout parent doit aspirer.

Et non, ce n’est pas le gouvernement qui remplacera cela. Ton papa et ta maman t’ont négligé? Je suis désolée. Mais le gouvernement ne comblera pas ce vide. Tes parents ont fait de toi une créature incapable de se responsabiliser? Ben non, le gouvernement ne fera pas le travail que tu dois faire. C’est comme ça.

Bon, Jean… Parlons-nous.

Ah! Mon Johnny Boy… On a beau n’avoir jamais jasé ensemble, comment se fait-il que j’ai l’impression de vous connaître comme si je vous avais tricoté?

Peut-être que les nombreux billets que je vous ai adressés perso me donnent l’impression qu’on entretient un genre de dialogue de sourds?

Peut-être parce que je sais que vous savez que j’ai déposé la pétition qui vous a emmerdé alors que vous étiez à Paris et qu’on vous a relancé sur le sujet?

Jean, j’ai quasiment l’impression que vous allez débarquer sur mon patio afin de concocter votre célèbre carré d’agneau. Quitte à me le pitcher dans le front.

Je voulais juste vous dire, ce soir, Jean, que….

- Sans les magouilles évidentes en matière d’octroi de contrats, il y aurait moins de gens dans la rue.

- Sans le mépris évident que vous avez pour les moins de trente ans, il y aurait moins de gens dans la rue.

- Sans vos ricanements puérils à l’assemblée nationale, il y aurait moins de gens dans la rue.

- Sans votre refus d’assumer votre rôle de chef d’État, il y aurait moins de monde dans la rue.

- Sans votre obstination à vous cacher derrière vos ministres, il y aurait moins de monde dans la rue.

- Sans vos tentatives de cacher ce qui saute aux yeux de tous – un gouvernement fatigué et infiltré -, il y aurait moins de monde dans la rue.

Et j’en passe. Vous le savez mieux que moi.

L’ultime spasme qu’est la Loi 78, conjugué aux révélations à venir de la Commission Charbonneau, vous donneront, à jamais, l’image d’un pleutre.

Ça ne vous tente pas, Jean, de faire ce qu’il faut, là? Il est tard, j’en conviens. Mais vous pouvez encore vous en sortir avec un minimum de décence.

À vous de jouer, Johnny Boy.

Ben oui, ils feront preuve de discernement…

Il faisait beau hier soir, sur Québec comme ailleurs dans notre beau pays sous Loi 78.

Ma soeur et son conjoint reviennent d’un spectacle de danse auquel participaient deux charmantes cocottes de la famille. Ils vivent dans Saint-Jean-Baptiste et voyagent en autobus. Ils débarquent sur la rue Saint-Jean. Beauf a toujours son appareil photo au cou. Ils marchent un peu, aperçoivent un petit rassemblement devant le bar Le Sacrilège. En s’approchant, ma soeur reconnaît deux copains à travers la trentaine de personnes qui sont encerclées par de nombreux policiers. En fait, ils étaient 37 qui marchaient en file, sur le trottoir, calmement, n’empêchant en rien la circulation, ne cassant rien… mais arborant le carré rouge.

Ma soeur s’approche calmement de l’attroupement et demande, poliment, à un policier:

 »Qu’est-ce qui se passe? »

 »Madame, retournez sur le trottoir d’en face… »

 »Est-ce qu’il y a manifestation illégale? Je voudrais aller parler à deux de mes amis qui sont là… »

 »Madame, circulez! »

Elle tente de s’approcher pour parler avec ses amis. Le policier la prend par le bras et la tire vers lui.

 »Heille, t’as quel âge pour vouloir aller parler à tes amis? »

Heu… Elle dit au policier de ne pas la toucher. Elle tente de se dégager mais le policier la tire plus fort et lui tord le bras. Plus elle tente de se dégager, plus il lui fait mal. Beauf essaie de la rejoindre mais se fait pousser par un autre policier qui lui dit:

 »Avec la caméra que t’as dans le cou, tu pourrais les payer tes frais de scolarité! » Mon beauf a 48 ans. Deux baccs et une maîtrise.

Devant la résistance de ma  »dangereuse » soeur de 5 pieds 3 pouces montée sur un frame de chat, un 2e policier vient en aide à son compagnon de travail. Ils menottent ma soeur, l’embarquent dans leur voiture, saississent son sac à main et fouillent dedans. Le beauf s’élance pour la rejoindre et se fait plaquer sur la voiture.

Je ne vous cacherai pas que, rendus là, ma soeur et le beauf les ont traités d’imbéciles et de morons. Ma soeur a également eu droit à une  »Vous autres pis vos mardes du PQ » bien senti.

D’autres policiers sont venus et ont demandé à ce que ma soeur et mon beauf soient libérés. Faut comprendre qu’il y avait l’escoude vidage de bar sur place. Ce ne sont pas les plus glorieux et subtiles représentants de la force policière à Québec, mettons… Mais comme la ministre Courchesne l’a suavement répété des centaines de fois:  »Nous allons nous fier au bon jugement des forces de l’ordre… »

500$ d’amende chacun pour avoir empêché la circulation… Mais.. heu… ce ne sont pas les gens sur place qui ont empêché la circulation. Ce sont les policiers qui l’ont arrêtée!!! Rien d’illégal. Pas de casse. Pas de projectiles lancés aux policiers. À la limite, quelques quolibets bien sentis. C’est tout. Le cas de ma soeur, d’abord arrêté illégalement pour entrave au travail des policiers (pas de lecture des droits etc.) est un cas qui les a particulièrement embêté, au poste. Savaient pas trop quoi lui dire.

Câlisse.

Ne sortez plus de chez-vous, vous pouvez être arrêté n’importe quand. Bien hâte de voir ce qu’ils feront lors de la tenue du Festival d’été, alors que les rues de Québec sont bondées et que les trottoirs débordent. Car oui, les tizamis, il y aura des carrés rouges qui accompagneront les macarons du FEQ.

Ceci n’est qu’une histoire parmi des centaines d’autres qui briseront le Québec dans une tentative de le mettre à genoux.

Ce que je comprends

Cette loi est inique. Pas besoin d’en faire la démonstration. Elle est, prima facie, contraire aux droits fondamentaux qui nous régissent.

Mais outre cette question, je comprends un truc de base. Perso.

Finalement, je ne me présenterai pas comme candidate à une éventuelle élection. Car sous les exclamations de colère des politiciens, je sens, toujours, l’intérêt politique partisan. Jamais je ne jouerai cette « game ». J’en serais incapable. Au pouvoir ou à l’opposition. 

Ma mère pourrait vous le dire. J’ai le compromis faisable mais difficile. Et surtout, je suis fière, droite et intègre.

Alors, engagez-moi comme chroniqueure (mais où car on s’entend que je ne fitte nulle part). Mais oubliez-moi comme politicienne. Ce système me tue. Et je ne crois pas être en mesure de participer à son changement de mon vivant. 

Je vais continuer de me faire aller le clapet.

Mais je ne crois plus en notre système parlementaire.

Le grand fossoyeur

Monsieur Charest,

Je m’adresse à vous, directement, une fois de plus. Et pourquoi pas? Je suis une citoyenne de ce pays que vous menez vers le chaos. Alors la petite gêne, je me la garderai pour une autre fois.

Je vous ramène un brin en arrière. Lorsque j’ai déposé la pétition demandant la tenue d’une Commission d’enquête sur la corruption, vous avez répondu (from Paris with love, je me souviens), que nenon, ce n’était pas nécessaire. Et vos valeureux soldats vous ont défendu.

J’étais sur place, lors de la conférence de presse, entre intimes, qui annonçait la tenue de la désormais célèbre « patente à gosse ». Le lendemain, je dénonçais, sur les ondes de RDI, votre incroyable tendance à faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais vos soldats vous défendaient, quitte à passer pour d’incroyables imbéciles quand, quelques heures plus tard, vous annonciez le contraire de ce qu’ils venaient de défendre.

Et ils sont encore là… Les Fournier, Courchesne, etc… Ils continuent de soutenir vos basses oeuvres, sourires plein de dents à l’avenant. Je ne sais pas quelle emprise, sinon le poste et le cash, vous avez sur eux. Je suis fascinée.

Vous êtes un pleutre, monsieur Charest. Vous êtes un chef d’État qui n’a pas eu la décence de regarder, ne serait-ce qu’une fois, la jeunesse du Québec dans les yeux. Vous êtes un pyromane. 

L’histoire retiendra que vous avez ce PM qui a envoyé ses ministres se ridiculiser et se compromettre. Et qui a regardé, sans frémir, des citoyens se faire: fourrer, battre, avoir. Bra-vo. Belle héritage, Monsieur.

De l’impossibilité d’expliquer

J’ai beaucoup de difficulté à expliquer à ma fille de 8 ans ce qui se passe dans notre beau pays. Parfois, elle est en pédago. Comme sa maman écoute la période de questions de l’Assemblée Nationale, elle jette un oeil mi-distrait, mi-perplexe.

- Maman, pourquoi tout le monde parle en même temps? Et pourquoi ils se parlent dans l’oreille en riant?

- Chouette, comment t’expliquer…. C’est comme dans un cirque. Le monsieur en chef dit un truc avec un sourire en coin. La madame en chef répond en parlant fort. Le monsieur en chef fait des pets de dessous de bras et toute sa gang de chimpanzés fait pareil. Et, la madame en chef fait une grimace. Et toute sa gang de chimpanzés font pareil.

- C’est niaiseux, non? Quand on fait ça à l’école, notre prof nous donne un avertissement!

- Je sais.

- Et toi, tu me dis « Alexandra, fais attention, on ne peut pas dire n’importe quoi n’importe quand ».

-Je sais.

-Ben alors, pourquoi eux ils disent n’importe quoi?

- Parce qu’ils sont élus.

- Hein?

- Ma puce, je voudrais t’expliquer mais je préfère franchement aller jouer aux dinosaures avec toi, ok?

- Mais j’aimerais ça comprendre!

- Nenon. À go on se refait l’explosion de l’astéroïde. Ça va exploser de partout. SVP, j’ai besoin d’une pause, cocotte. 

C’est bien beau écrire…

J’avoue mon perpétuel questionnement à ce sujet. Je lis, à gauche, à droite, au centre, en dessous et je n’arrive toujours pas à me faire une tête sur la question. Hypoglycémique devant le chariot de pâtisseries, je ne sais trop ce qui est bon pour moi. Ce qui est juste.

Peut-on mettre un prix sur une plume? Le débat est brûlant, telle la proverbiale patate chaude, avec le lancement, demain, de la version du HuffPost Québec, de même qu’avec le tarif « aux clics » de Voir. Bloguer gratos pour la reconnaissance d’un lectorat? S’exprimer à 5 dollars de 1000 clics pour la notoriété? Ou tout simplement écrire, à tout prix, parce qu’est c’est que l’on sait faire de mieux? Comme dirait un de mes personnages préférés, « eule sait pas » (hommage discret mais bien senti à Bob Binette, des ex-Bleu Poudre).*

Dans ma famille, du côté de ma maman, mes oncles sont tous électriciens ou plombiers. Faut dire que le patriarche était entrepreneur en construction, ce qui avait tendance à orienter le choix de carrière des fistons. Je dirais que, malgré la « prédestination », ils ont aimé leurs carrières. Beaucoup même, pour certains. Mais de là à dire que l’un d’entre eux aurait installé votre bain sur pieds pour vos beaux yeux ou vous aurait « switché » du 100 au 220 pour une chanson, pas certaine.

Qu’est-ce qui fait que le geste de l’écriture, hautement puissant, personnel et parfois carrément initiateur de mouvances, se marchande plus facilement que la réparation d’une fuite de robinet? Les listes de prix de réparateurs de sécheuses sont plus constantes que les tarifs accordés aux journalistes pigistes!

Je réitère mon indécrottable questionnement à ce sujet. J’ai « besoin » d’écrire. Mais j’ai tout autant besoin de faire l’épicerie, de mettre de l’essence dans mon bazou et d’aller voir un film – popcorns inclus – avec mes p’tits loups.

Ah! Si j’avais pu me passionner pour l’art délicat du calibrage des circuits!

 

* Oui, je sais, je devrais mettre des hyperliens… Mais a) il me semble que tout le monde sait de quoi je parle; b) je suis trop paresseuse; b) je ne suis pas 2.0 pantoutte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’indicible

Je suis contre la peine de mort. Pour une foule de raisons: morales, légales, éthiques, statistiques.

Je pense que le suicide est un fléau: dangereux, malheureux, trop répandu, parfois « transmissible ».

Je suis plus de gauche que de droite, si vous tenez absolument à me mettre dans une case.

Pourtant…

Si un jour, on m’enlevait un enfant, je vous dirais tout ça et son contraire.

Je n’ai aucune idée de la réaction que j’aurais. Je m’imagine très bien pouvoir tuer à mon tour. Sans problème. Ça ne réglerait rien. Peut-être que ça ne me ferait même pas de bien au coeur. Qu’importe. Jugez si vous voulez. Je deviendrais amorale. Finie. Cassée de partout. Bonne à enfermer dans une pièce aux murs rembourrés.

Si un jour ça m’arrivait, svp, n’essayez pas de vous servir de moi à des fins idéologiques. N’exploitez pas ma douleur en me donnant la parole sur des questions dont je ne peux objectivement débattre. Laissez-moi virer folle. Ou essayer de me guérir. 

Ne faites pas de moi un pigeon qu’on peut tirer ou plumer en votre lieu et place.

 

 

 

Buffet chinois

Je ne reviendrai pas de façon particulière sur le cas du transfuge Rebello. D’autres l’ont fait amplement, je tiens à rester polie et ma mère m’interdit de prononcer des gros mots… :-)

Je suis souverainiste depuis bien avant que j’aie obtenu le droit de vote. J’ai eu mes périodes de doute, de remise en question, de déception. Je ne suis plus membre du Parti Québécois depuis 2008. Mais je demeure convaincue que de devenir un pays est l’aboutissement logique de ce que nous sommes comme peuple.

Cela dit, j’ai toujours respecté les opinions différentes. Ça fait partie de ma personnalité: j’aime débattre et avec un adversaire qui a des arguments bien développés et bien envoyés, je ressens plaisir et respect. Pas pour rien que j’adorais plaider! Par contre, ne mettez pas devant moi un vire-capot, un roseau qui plie dans le sens du vent car je vais lui arracher la langue. 

Ce n’est donc pas, en soi, le rejet de la souveraineté par la CAQ qui me fait sortir de mes gonds. Chacun son option.

La CAQ m’apparaît comme un immense buffet chinois. Le proprio qui se fait sécher les dents à l’entrée vous accueille en disant « Oui, oui, il y a exactement ce que vous voulez dans notre menu! Des vrais mets chinois? Bien sûr! Des mets italiens? Absolument! De la poutine? Et comment! » Sauf que lorsque vous commencez à manger, vous vous rendez compte que ça goûte soit rien, soit la schnoutte. Car on ne peut pas servir de tout à toutes les sauces et faire plaisir à tout le monde.

J’imagine une réunion de caucus avec Deltell, Rebello, Legault et Bonnardel, au sujet des frais de scolarité, par exemple. Deux façons complètement différentes de voir les choses, deux philosophies de société qui s’affrontent. Et il en sera de même sur tous les sujets. 

Legault peut bien dire qu’il se détourne de la souveraineté le temps de renforcer le Québec d’un point de vue économique et social. Mais c’est justement sur ces questions que les différences de visions ne peuvent être réconciliées! En santé, en éducation, en économie, en services sociaux, on tire vers la gauche ou la droite, c’est inévitable.

Est-ce que les Québécois vont accepter l’invitation – avec carte de membre gratuite – au buffet chinois? Possible. On a tendance a être ben cheap parfois. Mais on le regrette toujours…

L’éternel absent

Il devait avoir 18 mois la première fois où ça m’a frappée. En fait, j’ai eu l’impression de me prendre un 2 par 4 dans les dents. J’étais encore une apprentie-maman. Angoissée, culpabilisée et stressée.

« Votre fils fait des otites à répétition car il a des végétations trop importantes dans les sinus… »

Des végétations? Heu… De kessé? Des images de jungle amazonienne me traversaient l’esprit. Dans cette petite tête charmante? Dans ce nez aux narines si petites?

« Il faudrait l’opérer pour retirer ça. Ça l’aiderait à mieux respirer… »

Respirer? Il ne respire pas bien mon pinouchet? Opérer? Dans le sens de l’endormir pis je ne suis pas à côté de lui pis vous lui faites des trucs pis je ne peux pas lui tenir la main et lui dire maman est là?

J’ai dit oui. J’ai signé. Pour qu’il respire mieux. J’ai maudit le ciel d’être obligée de prendre cette décision seule. J’aurais voulu partager cette responsabilité. Me sentir moins « totalement responsable ». Impossible. Son père était mort 10 mois plus tôt.

Avancée rapide. Janvier 2012.

Le téléphone sonne. Un mec au bout du fil me demande de valider mon consentement à ce que mon fils de 16 ans (et demi) se fasse percer les deux oreilles à l’aiguille. 

« Maman, je ne veux pas agrandir plus que 8 mm. Ce n’est pas beaucoup, tsé. »

Ce n’est pas une surprise. On a discuté de la chose. Mon fils, ce mec fabuleux que j’aurais aimé connaître à 16 ans, me raconte tout. Ou presque, j’imagine. 

C’est ton corps, lui ai-je dit. 

Depuis qu’il est petit que je lui dit que son corps lui appartient et que personne ne peut y avoir accès sans son consentement. Difficile après ça de dire « ça t’appartient mais c’est maman qui décide ».

Alors j’ai, une fois de plus, donné mon consentement. Et, une fois de plus, j’aurais aimé savoir ce que son père en pense…

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